Il y a un an, Nicolas Sarkozy terminait son année sur l'échec du sommet de Copenhague, malgré plusieurs mois d'efforts, et l'annulation de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel. On savait l'année 2009 mauvaise, l'année 2010 débutait sous les pires auspices. Un an plus tard, rien n'a changé, ou presque. Sarkozy prépare certes sa candidature, mais ses efforts de « présidentialisation » patinent. Pour cette semaine de Noël, il a bien fait adopter en conseil des ministres la loi sur le référendum populaire et la clarification de son statut pénal.
Il a même encouragé des infirmières, accompagné de Carla. Mais le scandale du Mediator a mis en lumière ses relations anciennes avec le président-fondateur Servier; dans l'affaire de Karachi, on a découvert comment il avait fait négocier en coulisses, l'an dernier, le silence du dirigeant de la société HEINE par qui transitait les commissions versées aux intermédiaires. Et quelques députés UMP, emmenés par son nouvel allié Copé ont trouvé judicieux de limiter les sanctions à l'encontre des députés menteurs volontaires sur leur patrimoine.
Joyeux Noël !
Carla, exhibée pour la bonne cause
Qu'il ne s'étonne pas si l'on s'attaque à sa vie privée à nouveau. Tout occupé à travailler son image de président protecteur, Nicolas Sarkozy exhibe régulièrement son épouse Carla lors de manifestations officielles. Début décembre, les 4 jours de périple indien furent une ode à la beauté glamour de la Reine. On apprenait même que Carla voulait un fils. Mi-décembre, Carla confiait à quelques journalistes que son mari réfléchissait beaucoup à sa prochaine candidature. Puis cette semaine, Sarkozy l'a embarquée pour la visite d'un hôpital tout neuf à Avignon. Le Monarque s'est ainsi fait filmé 11 minutes durant, micro à la main au milieu du personnel médical, et Carla à ses côtés. Les deux caméras étaient officielles, affrétées par les services de la Présidence. Les journalistes qui suivaient le cortège avaient été écartés de la séquence. il fallait faire spontané, zen, et souriant. En Avignon, Sarkozy voulait parler respect aux infirmières : « on vous a respecté en vous disant vraiment, non pas la vérité, mais en vous disant avec sincérité les choses telles qu'elles sont.» Même Carla fut mise à contribution : « tout le monde me dit... Carla la première d'ailleurs, les hôpitaux manquent de personnel, mais est-ce qu'on ne peut pas faire davantage, ... je vous le dis, on fera 3% de plus. Mais la France ne doit pas être un pays dans la situation de certains en Europe aujourd'hui.» Même Carla a compris que la rigueur, c'est nécessaire.
Comme un cadeau de Noël bienvenu, l'agence de notation Standard & Poor's a confirmé deux jours plus tard sa meilleure note à la France, le fameux « AAA ».A la fin de l'année, la dette de la France devrait dépasser 1.600 milliards fin 2010 (83,2% du PIB), soit quelque 25.000 euros par habitant.
Karachi, l'enquête secrète de l'Elysée
Fidèle à son habitude, Nicolas Sarkozy choisit les sujets qu'il commente. Ainsi, la progression des investigations officielles ou officieuses sur l'affaire de Karachi ne suscite plus aucune réaction publique. On devine pourtant que l'Elysée y est attentif. Lors de son déplacement à Avignon, Carla Bruni s'est permise de critiquer publiquement un journaliste du Monde présent dans le cortège accompagnant pour un article publié sur les contrats de Karachi. Faut-il qu'elle soit inquiète ou énervée pour oser s'exprimer ainsi !
En 2008 et 2009, l'Elysée, via Bernard Delpit, adjoint de François Pérol alors secrétaire général adjoint de la présidence, commanda même une mission à Alain juillet, ancien numéro deux de la DGSE. L'homme, qui travaillait à l'époque à Matignon, dut négocier le silence de Jean-Marie Boivin, directeur de l'officine HEINE, comme l'ont confirmé Mediapart puis Libération. Cette société-écran avait été créée à l'automne 1994 pour procéder au paiement des commissions de deux contrats, Agosta (les sous-marins vendus au Pakistan) et Sarawi 2 (des frégates pour l'Arabie Saoudite). On a obtenu, depuis, la preuve que Nicolas Sarkozy avait validé le montage quand il était ministre du Budget. Alain Juillet, auditionné par le juge Renaud Van Ruymbeke, n'a pas caché sa surprise quand il appris, plusieurs mois après la fin de sa mission, que le dit Boivin avait finalement obtenu 8 millions d'euros en janvier 2009, et non 3, comme Juillet le recommandait, de la part du gouvernement Fillon, pour « services rendus.»
Le journaliste Benoît Collombat, de France Inter, a aussi publié divers documents, jeudi 23 décembre, qui redonnent quelque crédit à l'hypothèse d'un lien entre l'attentat de Karachi de mai 2002 et l'arrêt du versement des commissions occultes, via HEINE, à divers intermédiaires de la vente des sous-marins pakistanais. Selon plusieurs documents consultés, la Direction des Constructions Navales s'inquiétait entre juillet 2000 et janvier 2001, des conséquences de cette cessation des paiements 4 ans plus tôt. Les documents confirment aussi les doutes quant à la réalité des services rendus par les intermédiaires, ceux-là mêmes soupçonnés d'avoir versé à leur tour des rétro-commissions au camp Balladurien : « L’accord n’a pas clairement et précisément défini les obligations contractuelles pesant sur le Consultant. » peut-on lire. .
Mediator, la nouvelle affaire du premier cercle
Jacques Chirac fut accusé d'enrichissement personnel, de frais de bouche excessifs à la Mairie de Paris, de détournements à des fins autres que politiques. On ne sait pas, d'ailleurs, comment l'appartement qu'il occupe actuellement fut payé. Avec Nicolas Sarkozy, le registre est différent. L'un des faits marquants de cette année 2010 fut la mise à jour de l'imbrication sans gêne ni complexe des relations d'affaires au coeur du pouvoir sarkozyen. De riches donateurs, un Premier Cercle à l'Ump créé pour eux, des renvois d'ascenseur professionnels, des Légions d'Honneur en cascade, chaque mois qui passe voit son lot de révélations.
Après Patrice de Maistre et Eric Woerth, Eric de Sérigny et Moleix, les relations du jeune Proto avec le monde du pari en ligne, voici que même l'affaire du Mediator dérape du côté de Nicolas Sarkozy. On croyait au simple scandale médical, suffisamment grave pour provoquer l'indignation. On découvre, ou fait semblant de redécouvrir, que Nicolas Sarkozy et Jacques Servier, le président et fondateur des laboratoires éponymes qui fabriquent le Mediator sont de vieilles connaissances. Sarkozy, jeune avocat à l'aube des années 80, a conseillé le petit laboratoire de l'époque, tant pour organiser sa structure actionnariale, via la mise en place d'une fondation, qu'optimiser sa fiscalité. Client historique de Nicolas Sarkozy, Jacques Servier devient client du cabinet que ce dernier fonde avec deux associés en 1987. Les laboratoires Servier deviennent aussi clients d'AEC Partners, la société de conseil spécialisé dans le secteur médical où officie François, frère de Nicolas. En juillet 2009, Nicolas Sarkozy en personne décore Jacques Servier :« Je me souviens de notre première rencontre en 1983. C’était déraisonnable, c’est là que je vois que vous êtes enthousiaste, vous pensiez déjà à l’époque que je serai Président de la République. Incorrigible Jacques Servier ! » Incorrigible Sarkozy, si prompte à remercier le premier cercle de ses amis ! Des années durant, le Mediator fut considéré comme médicalement inutile, avant qu'une médecine, Irène Frachon, ne dévoile un tout autre scandale. Mais, des années durant, le Mediator a continué d'être généreusement remboursé par la Sécu, 423 millions d'euros en 10 ans nous dit-on ! Une belle affaire.
Les petits arrangements démocratiques
Les conflits d'intérêts semblent être la marque de fabrique de cette droite décomplexée au pouvoir. Chaque effort pour faire oublier une affaire est chassé par un nouveau scandale. Cette semaine, le nouveau président du groupe UMP à l'Assemblé, Christian Jacob, a cru bon de porter deux amendements concoctés par son mentor Jean-François Copé sur le projet de loi sur la transparence financière des élus : le premier devait supprimer la sanction de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende prévue à l'encontre d'un député ayant sciemment omis « de déclarer une part substantielle de son patrimoine ou de ses revenus ». Echec et mat ! Même à droite, le tollé fut grand. Mais le second, taillé sur mesure pour éviter des révélations gênantes comme celles lâchées par Martin Hirsch dans son ouvrage sur les conflits d'intérêts, fut lui adopté : il permet de punir la divulgation publique des déclarations de patrimoine des députés. On n'est jamais trop prudent.
Mardi, la loi Loppsi II était votée par une majorité de députés UMP. Ses dégâts se mesureront plus tard. Son inefficacité également. Brice Hortefeux se fait discret. Entre ses bourdes sur la neige et sa deuxième condamnation, il vaut mieux... Le lendemain, le dernier Conseil des ministres a adopté deux mesures longtemps promises, qu'il voulait présenter comme des progrès démocratiques: le fameux référendum d'initiative populaire, une belle promesse démocratique - quasiment la seule - de la réforme constitutionnelle de juillet 2008, sera bientôt permis dans nos lois. En fait, son usage sera très encadré : initiative parlementaire obligatoire (avec 184 élus minimum), nombre de signataires à réunir très important (4,5 millions d'électeurs), sujets restreints à trois domaines (organisation des pouvoirs publics, politique sociale et économique du pays, ratification de traités internationaux), et ... interdiction d'un tel référendum dans l'année précédent une élection nationale. Aucun risque, donc, que cette « formidable » avancée soit utilisée avant le prochain scrutin présidentiel. ce n'est qu'une médaille démocratique que Sarkozy voulait s'accrocher au blason avant de partir en campagne...
L'autre prétendue avancée est la clarification du statut pénal du chef de l'Etat. Il y avait urgence. Les affaires s'accumulent. Et qu'a décidé Nicolas Sarkozy ? D'élargir son irresponsabilité pénale, déjà acquise et entière pour tout acte accompli en sa qualité de chef de l'Etat (d'après l'article 67 de la Constitution) à tout acte, commis dans le cadre de ses fonctions ou pas, jusqu'à la fin de son mandat. En « contre-partie », la modification constitutionnelle précise que le président de la République peut être mis en cause « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat », et plus simplement haute trahison. Sarkozy, cependant, s'est bien gardé de s'interdire la faculté de porter plainte. Bref, le Président reste inattaquable, mais peut attaquer.
Nicolas et Carla Sarkozy ont filé dès jeudi à Marrakech, au Maroc. On ne sait pas qui paye l'escapade. Parions que son avion n'a pas été bloqué par quelques centimètres de neige. Mais ce départ permet à Sarkozy d'éviter d'avoir à commenter les derniers chiffres du chômage. Même officiels, ils sont mauvais. Au gouvernement, on les attendait plus favorables. C'est une vraie déconvenue : 21 300 sans-emplois de plus ont été enregistrés en novembre chez pôle emploi. Comme toujours, il faut lire en détail les statistiques publiées. Dans toutes les catégories, le nombre de chômeurs a progressé.
Il était temps de partir.
En un an, rien n'a changé, ou presque.
Ami sarkozyste, où es-tu ?
http://www.marianne2.fr/sarkofrance/190eme-semaine-de-Sarkofrance-les-bonnes-affaires-de-Noel-de-Sarkozy_a299.html
Ce collectif autunois a été crée le 22 Octobre 2010 par des autunois qui sont des syndicalistes, des personnes oeuvrant socialement ou de simples citoyens.Le but de ce collectif est de ne plus laisser une poignée de nos dirigeants supprimer nos acquis sociaux.C'est aussi refuser de supprimer à court terme notre système de retraite par répartition et de le livrer à la capitalisation.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un collectif de résistance au système capitaliste.
dimanche 26 décembre 2010
samedi 25 décembre 2010
Les os de nos Pères
Les os de nos Pères
Ainsi, nous avons vu les cadavres de nos ancêtres dépouillés.
Ils gisaient depuis si longtemps sous la terre que nous les pensions apaisés, au repos. Car ils avaient fait des rêves grands comme des forteresses, ils avaient les mains calleuses et le regard qui portait loin.
Dans la logique de la descendance, ils nous voyaient récolter des moissons abondantes, ils voyaient nos assiettes pleines, nos souliers neufs, nos dimanches ensoleillés et sans fatigue.
Ils pensaient que nous marcherions dans la vallée des songes et que nous y bâtirions des cathédrales.
Mais il souffle ici un vent mauvais.
Et voilà que les os de nos pères, qu’on pensait au repos, apaisés, s’agitent et que tout s’embrunit.
C’est l’époque. Tout s’embrunit.
Ainsi, ne pouvant rêver moins haut que ne rêver nos pères, prendre courage, poser nos actes et retrouver, pour notre descendance, la vallée des songes, la force de l’Amour.
m. pour O.P.A
***
Texte diffusé sous licence libre Creative Commons Copie/Diffusion autorisées sans limite
http://www.myspace.com/orchestrepoetique
jeudi 23 décembre 2010
Un droit à l’énergie !
Les augmentations des tarifs de l’électricité et du gaz sont le résultat des politiques menées par le pouvoir.
L’époque brutalise. Voyez un peu l’évolution des mots : « précarité énergétique », terme pudiquement employé pour évoquer l’une de ces réalités douloureuses en pleine croissance. À savoir l’impossibilité de se chauffer ou de s’éclairer, faute de pouvoir payer ses factures. Jusqu’à ces toutes dernières années, le phénomène était resté marginal. Mais, depuis 2008-2009, il est d’abord devenu endémique, avant de connaître une véritable explosion. Officiellement, environ 3,5 millions de personnes sont entrées dans cette nouvelle classification de la pauvreté, qui n’est, comme chacun le sait, qu’une sous-classification de la grande pauvreté tout court…
En 2000, les moins aisés consacraient 7 % de leurs revenus à leurs factures d’énergie. Ce pourcentage atteint les 15 % aujourd’hui. Et demain ? N’oublions pas que la lutte contre cette précarité énergétique est l’une des innombrables promesses non tenues du Grenelle de l’environnement. Par grand froid, dans certaines régions, un ménage sur quatre vit quotidiennement cette galère, souvent tenue secrète. Car, en matière de logement, tous les indicateurs affichent le rouge ! Pas moins de 4,5 millions de personnes sont mal logées, auxquelles il convient d’ajouter le 1,5 million en situation d’impayés et les 6,7 millions en situation dite de « réelle fragilité »… Conjugués, ces éléments forment une spirale descendante : impayés, endettement, restriction ou coupure d’énergie, problèmes de santé et isolement social… Et pendant ce temps-là ? Les Français subissent de plein fouet les augmentations des tarifs de l’électricité et du gaz, qui ne sont pas une fatalité mais le résultat mécanique des politiques menées par le pouvoir. Avec l’épouvantable loi Nome, le gouvernement a résolument fait le choix de financer les opérateurs privés au détriment d’EDF, ce qui entraînera de nouvelles hausses. Sans parler des tarifs du gaz, qui, pour satisfaire les appétits des actionnaires du groupe GDF Suez, ont grimpé de plus de 50 % depuis la privatisation. Oui, 50 %...
Au même titre que le logement, le droit à l’énergie est indispensable à la vie et doit être reconnu comme tel ! Des mesures immédiates et d’ampleur doivent donc s’imposer aux logiques financières : la baisse des tarifs du gaz, un moratoire sur ceux de l’électricité et l’interdiction pendant la trêve hivernale de l’ensemble des coupures de fourniture énergétique, comme l’a proposée récemment la communiste Marie-George Buffet au Parlement, sous forme de projet de Loi. L’État, premier actionnaire de GDF Suez et majoritaire dans le capital d’EDF, en a le pouvoir et le devoir. Mais le sarkozysme connaît-il encore l’existence de la notion même de « service public » ?
Jean-Emmanuel Ducoin
http://www.humanite.fr/21_12_2010-un-droit-à-l’énergie-460644
Les liens entre Nicolas Sarkozy et les laboratoires Servier
Si Nicolas Sarkozy souhaite la "transparence la plus totale" dans le traitement du dossier du Mediator, comme il l’a affirmé, mercredi 22 décembre, "[il] devra peut-être opérer quelques ruptures," avance Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne. Interrogé par Le Monde.fr, ce député, qui dénonce depuis plusieurs mois la dangerosité du médicament, évoque en effet les liens entre Jacques Servier, fondateur et PDG des laboratoires Servier, qui commercialisaient le Mediator avant son interdiction, et l’avocat d’affaires que fut le chef de l’Etat.
"Il faudra être vigilant, car on connaît les liens entre Sarkozy et Servier, à qui il a remis récemment la grand-croix de la Légion d’honneur," explique notamment Bapt. Le député poursuit : "Il [Nicolas Sarkozy] l’a fait rentrer [Jacques Servier] comme client dans le cabinet d’avocats dans lequel il travaillait."
SERVIER, "CLIENT HISTORIQUE" DE NICOLAS SARKOZY
Lorsqu’éclate l’affaire du Mediator, Jacques Servier déclare au Monde qu’il s’agit d’une "fabrication" contre le gouvernement. Il ne pense pas aux patients, mais au fait qu’à travers lui certains veulent nuire à Nicolas Sarkozy. Le fondateur et PDG des laboratoires connaît le président de la République depuis 1983. Le siège du laboratoire se trouve à Neuilly (Hauts-de-Seine), ville dont Sarkozy fut le maire.
Dans un article publié jeudi 23 décembre (ici en payant), Libération explique qu’en tant qu’avocat d’affaires, Sarkozy a travaillé "pour le compte de Servier, à l’époque un tout petit labo français". L’actuel président de la République devient ensuite "le conseil du laboratoire en matière de droit des sociétés et de droit de l’immobilier". Le quotidien cite un "proche du chef de l’Etat" qui qualifie Servier de "client historique" de Nicolas Sarkozy.
Des liens qui s’inscrivent dans la durée : selon Libération, à "la fin des années 90, début 2000, Jacques Servier vient consulter Sarkozy au sujet de son projet de fondation". Une fondation saluée neuf ans plus tard, lorsque Nicolas Sarkozy remet les insignes de la grand-croix de la Légion d’honneur à Jacques Servier. A cette occasion, il déclare : "Vous avez fait de votre groupe une fondation ; Raymond [Soubie, ancien conseiller de Sarkozy à l’Elysée] et moi, on y a joué un rôle."
Selon le porte-parole du gouvernement, l’inspection générale des affaires sociales doit rendre un rapport sur le dossier du Mediator "à la mi-janvier". Une mission parlementaire vient également d’être créée.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/12/23/les-liens-entre-nicolas-sarkozy-et-les-laboratoires-servier_1457170_823448.html
"Il faudra être vigilant, car on connaît les liens entre Sarkozy et Servier, à qui il a remis récemment la grand-croix de la Légion d’honneur," explique notamment Bapt. Le député poursuit : "Il [Nicolas Sarkozy] l’a fait rentrer [Jacques Servier] comme client dans le cabinet d’avocats dans lequel il travaillait."
SERVIER, "CLIENT HISTORIQUE" DE NICOLAS SARKOZY
Lorsqu’éclate l’affaire du Mediator, Jacques Servier déclare au Monde qu’il s’agit d’une "fabrication" contre le gouvernement. Il ne pense pas aux patients, mais au fait qu’à travers lui certains veulent nuire à Nicolas Sarkozy. Le fondateur et PDG des laboratoires connaît le président de la République depuis 1983. Le siège du laboratoire se trouve à Neuilly (Hauts-de-Seine), ville dont Sarkozy fut le maire.
Dans un article publié jeudi 23 décembre (ici en payant), Libération explique qu’en tant qu’avocat d’affaires, Sarkozy a travaillé "pour le compte de Servier, à l’époque un tout petit labo français". L’actuel président de la République devient ensuite "le conseil du laboratoire en matière de droit des sociétés et de droit de l’immobilier". Le quotidien cite un "proche du chef de l’Etat" qui qualifie Servier de "client historique" de Nicolas Sarkozy.
Des liens qui s’inscrivent dans la durée : selon Libération, à "la fin des années 90, début 2000, Jacques Servier vient consulter Sarkozy au sujet de son projet de fondation". Une fondation saluée neuf ans plus tard, lorsque Nicolas Sarkozy remet les insignes de la grand-croix de la Légion d’honneur à Jacques Servier. A cette occasion, il déclare : "Vous avez fait de votre groupe une fondation ; Raymond [Soubie, ancien conseiller de Sarkozy à l’Elysée] et moi, on y a joué un rôle."
Selon le porte-parole du gouvernement, l’inspection générale des affaires sociales doit rendre un rapport sur le dossier du Mediator "à la mi-janvier". Une mission parlementaire vient également d’être créée.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/12/23/les-liens-entre-nicolas-sarkozy-et-les-laboratoires-servier_1457170_823448.html
Les syndicats d'enseignants s'alarment des conditions de la rentrée scolaire 2011
Plusieurs organisations ont quitté mardi la réunion au ministère chargée d'examiner la répartition des 16.000 suppressions de postes par académie. Une saignée qui passe d'autant plus mal que les recteurs, chargés désormais d'identifier les leviers d'économies, vont recevoir une prime variable en fonction d'objectifs.
Reporté puis déserté. Comme souvent lorsqu'il doit aborder des sujets qui fâchent, le comité technique paritaire ministériel (CTPM) chargé ce mardi d'examiner la répartition par académie des 16.000 suppressions de postes annoncées dans le budget 2011 a été largement boudé par les organisations syndicales. Ces dernières avaient déjà provoqué son report le 17 décembre en le boycottant.
Mardi, l'Unsa-Education a refusé de siéger pour dénoncer les conditions de préparation" de la rentrée scolaire 2011. "Les suppressions de postes qui ne cessent de s'accumuler sont destructrices pour notre système éducatif. Alors qu'il est à la dérive, notamment pour les élèves les plus fragiles, comme vient de le démonter la récente enquête PISA, le gouvernement s'entête à poursuivre sa politique dogmatique de destruction de l'emploi public, dégradant aussi les conditions de travail des personnels", estime le syndicat. Le Sgen-CFDT et la FSU ont eux siégé puis quitté la séance, condamnant un "simulacre de concertation".
Une rallonge de 4 millions d'euros pour le privé
Pour les représentants syndicaux des enseignants, la coupe est pleine. Alors que l'étude PISA de l'OCDE a récemment mis en évidence l'incapacité de la France à tirer vers le haut ses élèves les plus fragiles, ils doutent de la capacité du système éducatif à s'améliorer, alors qu'il est saigné à blanc (65.000 suppressions de postes entre 2007 et 2011 en vertu de la règle du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite). Ces coups de rabot passent d'autant plus mal que l'enseignement privé sous contrat, déjà favorisé par une moindre proportion de suppressions de postes (1.633 suppressions de postes programmées en 2011 au lieu de 3.200 logiquement dues) a, lui, obtenu une rallonge de 4 millions d'euros, soit 250 postes (100 équivalents temps plein) grâce au vote de l'amendement du sénateur UMP Jean-Claude Carle au projet de budget 2011.
De son côté, le gouvernement affirme pouvoir gagner en efficacité avec des postes en moins qui ne pèsent que 0,9 % des effectifs totaux, d'autant plus qu'il y a 20 ans, on comptait 45.267 enseignants de moins et 604.300 élèves de plus. Quant au pic d'effectifs enseignants atteint il y a 10 ans, il n'a pas permis d'améliorer les résultats scolaires, argue-t-on rue de Grenelle. Il n'empêche.
A l'heure où le gouvernement prône les vertus de l'accompagnement scolaire personnalisé et des stages de rattrapage pour soutenir les élèves les plus en difficulté, les réductions d'effectifs paraissent paradoxales. En l'absence de revalorisations conséquente de leur traitement, les enseignants craignent donc qu'à terme, l'Etat leur demande d'augmenter leur temps de service. Déjà, l'enveloppe des heures supplémentaires est passée de 1,25 à 1,41 milliard d'euros dans le budget 2011.
Leviers d'économies
Malgré toutes ces récriminations, le CTPM étant une instance consultative, les suppressions de postes telles que réparties par académie vont être appliquées. A partir de janvier, l'astuce de la suppression de l'année de stage pour les enseignants débutants n'ayant pu jouer qu'en 2010, les recteurs vont donc devoir chercher où et comment ils vont pouvoir supprimer 8.967 postes dans le primaire (qui intègrent en fait la résorption de 5.600 "surnombres") et 4.800 postes dans le secondaire.
Selon le schéma d'emploi 2011-2013 concocté par le ministère de l'Education nationale, il incombe en effet désormais aux académies, dans le cadre d'un "dialogue de gestion rénové", d'identifier et d'actionner les leviers qui correspondent le mieux à leurs "besoins" (déscolarisation des moins de 3 ans, augmentation des effectifs par classe, suppressions d'option, réaffectation devant les élèves d'enseignants dit "hors la classe"...).
Une responsabilité supplémentaire qui vaut aux recteurs de recevoir pour la première fois cette année une prime au mérite, en fonction de "la manière de servir et des objectifs atteints", selon les textes réglementaires publiés en novembre. Cette part variable, qui s'étalera entre 0 et 6.840 euros, s'ajoutera à une part fixe de 15.200 euros (contre une prime fixe de 19.000 euros pour tous les recteurs auparavant).
Moins de candidats aux concours
A plus long terme, la "dégradation des conditions de travail" font craindre aux syndicats une désaffection pour la profession. La réforme de la formation et du recrutement des enseignants, qui se solde par une entrée dans le métier plus brutale qu'auparavant (les débutants étant de surcroît souvent affectés dans des zones difficiles) largement médiatisée pourrait être un facteur dissuasif supplémentaire.
Certains percçoivent comme un signe annonciateur de futures difficultés de recrutement les chiffres publiés jeudi dernier par le ministère de l'Education nationale mettent en évidence une baisse des candidats aux concours enseignants : 18.000 à la session d'admissibilité de septembre contre 35.000 à la précédente session pour 3.000 postes ouverts dans le premier degré ; 21.000 candidats contre 38.300 pour 8.600 postes ouverts dans le second degré.
Mais comme le fait valoir tant le ministère que les syndicats, l'année 2010 étant une période "transitoire" de la réforme (le calendrier ayant changé, les sessions 2010 et 2011 se sont tenues à quelques mois d'intervalle), il faudra attendre quelques années afin que se confirme ou s'infirme la tendance.
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Clarisse Jay - 22/12/2010, 18:42
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20101222trib000585571/les-syndicats-d-enseignants-s-alarment-des-conditions-de-la-rentree-scolaire-2011.html
http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20101222trib000585571/les-syndicats-d-enseignants-s-alarment-des-conditions-de-la-rentree-scolaire-2011.html
Pour détendre la colère en passant les fêtes
Un mal qui force le déshonneur,
Mal que la loi en sa fureur
Inventa pour aider les dérives des notaires ,
La rente (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour toute la bande à Fillon,
aux hommes honnêtes faisait la guerre.
A ceux du président elle arrondissait leur aire
Si tous n’y cédaient pas, ceux venant de l’UMP
étaient les plus frappés :
On les voyait occupés
A draguer les soutiens d’une sonnante escarcelle
Chaque besace animait leur envie.
Loups comme Renards ils épiaient
La douce et l’innocente collecte.
Comment du téléthon en capter les pépètes :
Plus de chèque, partant plus de don.
Et en plus, le mitard s’ils taisaient leurs millions.
C’était plus que n’en pouvaient tolérer ces mignons
Devant les périls qu’annonçaient ces heures graves,
Il fallait d’urgence une réponse de braves.
Copé tint conseil, et dit : Mes chers amis,
J’ai vu avec Jacob comment sortir de ce piège
Pour cacher nos péchés et taire nos fortunes ;
Que les tant coupables que de nous
Soient livrés en pâtures.
Aux voleurs de vélo mettons des peines planchers
Et à nous une loi pour que la magistrature
Par les parquets mandée doive taire nos fortunes.
Qu’aux courroux populaire, on sacrifie les premiers
Nous obtiendrons ainsi rémission pour nos thunes.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai financé par la pub toute mes réélections.
En avais-je le besoin ? Sûrement je le pense.
Et s’il m’est arrivé quelquefois de voter amnistie
C’était dans l’intérêt supérieur du parti.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; à payer une amende
Mais que la prison épargne nos contrebandes.
Il est bon dit Copé que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable subisse
Il faut que voleur de vélo en cinq ans se flétrisse
Pour que l’enrichit des cumuls au soleil s’épanouisse.
Ami, dit Jacob , vous êtes trop adroit ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, cacher biftons, joncquaille et autres espèces,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous fîtes, président,
En stockant vos richesses, exemple du gagneur
Vous aidez l’ami Eric touché dans son honneur.
Et quant à la pub on peut dire
Qu’elle fut outil décisif pour que vous pûtes rester à la tête de Meaux
Face à ces gens-là qui, voleurs de vélo,
n’ont de cesse de vouloir vous ravir votre empire.
Ainsi dit Jacob, et flatteurs d’applaudir.
On n’osera trop approfondir.
De l’Oise et de Neuilly, de Corbeil à Noisy et des autres résidences,
Les moins pardonnables dépenses.
Tous affairistes véreux coureurs de maroquins
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
Tino de Bondy à son tour nous dit : J’ai souvenance
Que près d’un parking passant,
pressé par pôle emploi pour venir au pointage, je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je sautais sur un cycle démuni d’antivol et le pris.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le Tino.
Un élu quelque peu clerc prouva par son avis
Qu’il fallait enchrister ce maudit délinquant,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.
Qui faisait du pays l’image du scandale
Sa peccadille illico fut jugée cas pendable.
Prendre le vélo d’autrui ! Quel crime abominable !
Qu’une peine plancher de trois ans seule était capable
D’expier le forfait : on le lui fit bien voir.
Et la bande à Copé satisfait du jugement
Repris de la poularde et du moulin à vent.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les lois du parlement vous rendront blanc ou noir.
© C. Le R. Qui remercie pour son aide Monsieur La Fontaine
De : C@n@ille le Rouge
jeudi 23 décembre 2010
mercredi 22 décembre 2010
Mediator : Jacques Servier a-t-il financé Nicolas Sarkozy et l'UMP ?
Le Mediator des laboratoires Servier aurait fait entre 500 et 1.000 morts, alors que le médicament, interdit aux Etats-Unis depuis 1997, a aussi été retiré du marché en Italie et en Espagne en 2005.
Tout au long de ces années, l'entreprise de Jacques Servier aura fait preuve d'un manque de transparence, d'une manipulation et d'une malhonnêté rare dans cette affaire extrêmement grave de santé publique.
“Très clairement, il y a un très gros problème de transparence du côté du laboratoire, notamment au niveau de l'information qu'il a donnée sur ce médicament", declarait la pneumologue Irène Frachon, citée par Les Inrocks.
Pourtant Jacques Servier, l'industriel, aujourd'hui âgé de 88 ans, se dédouane de toute responsabilité et va même jusqu'à imaginer un complot contre le gouvernement de Nicolas Sarkozy : "Il y a peut-être l'idée d'embêter le gouvernement."
500 à 1.000 morts en France ! Qu'à cela ne tienne, on ne va tout de même pas embêter pour si peu un grand donateur de l'UMP, membre du Premier Cercle de l'UMP, que Nicolas Sarkozy a décoré en janvier 2009 de la grand-croix de la Légion d'honneur...
Que d'honneur pour le patron d'un laboratoire accusé en l'an 2000 de ficher et trier ses futurs embauchés sur des critères politiques, sexuels et ethniques, afin d'éviter les homosexuels, les citoyens de gauche comme le rappelait Marianne il y a 15 jours, sur la foi d'une l'enquête diligentée à l'époque et que le parquet de Nanterre avait classée sans suite (merci le Procureur de Nanterre...).
Par exemple, d'après France Soir, un salarié du groupe affirme n’avoir jamais vu "aucun Noir travailler chez Servier. Pour le ménage, ce sont des Français et des Portugais", explique-t-il sur son blog.
On se demande donc si Nicolas Sarkozy ira à nouveau féliciter Jacques Servier, le patron tout puissant lors de la prochaine réunion du Premier Cercle de l'UMP.
Un Sarkozy qui sent que le vent du boulet s'est aujourd'hui emparé de l'affaire. Il réclame la transparence la plus totale. Cela tombe bien, les Français aussi. Nous aimerions bien savoir par exemple, si Jacques Servier figure bien dans le Premier Cercle de l'UMP et s'il a, comme Liliane Bettencourt, (accusée d'évasion fiscale et de financement illégal de la campagne présidentielle de Sarkozy) ou encore Guy Wildenstein (soupçonné de fraude fiscale de grande envergure), financé le parti de Nicolas Sarkozy.
Un Premier Cercle de l'UMP est toujours en activité, nous apprend Dominique Bord, trésorier de l'UMP, malgré les affaires Bettencourt et Wildenstein. Nicolas Sarkozy continuera d'ailleurs de rendre visite aux merveilleux Pères Noël de son parti. Pourquoi donc se priver...
Mais plus que jamais, pour Nicolas Sarkozy et l'UMP, l'argent n'a pas d'odeur...
http://www.francesoir.fr/sante/l-inventeur-du-mediator-face-son-accusatrice.70425
http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/54882/date/2010-11-17/article/quand-sarkozy-encensait-jacques-servier-fabricant-du-mediator/
Leçons de choses
Editorial par Michel Guilloux
Dos usés, vies en miettes, salaires au lance-pierre… Comme si cela ne suffisait pas, selon la formule terrible du syndicaliste qui témoigne dans nos colonnes, voilà des salariés qui « ne sont plus que des produits parmi les produits ». Embaucher à 2 heures du matin ou finir à 23 heures. Ne plus voir le jour, dans tous les sens du terme, et si l’on craque, tant pis. Il y aura des encore plus précaires que soi pour prendre la place, temporaire. Ainsi va la vie dans le secteur de la grande distribution, grand pourvoyeur des damnés de la terre de notre époque, qui conjugue travail de nuit et pénibilité jusqu’à plus soif. On pourra relever ici un lien entre le patronat de Carrefour, dans ce cas, et le pouvoir sarkozyste. Pour ces gens-là, le travail n’a de valeur que pour autant qu’il nourrisse la machine à dividendes. Les hommes, et ici singulièrement les femmes, ne sont que « variables d’ajustement », « coûts », à presser comme des citrons et à jeter après usage.
Avec la réorganisation en cours se dessine un concentré de leur modèle de société. En difficulté Carrefour, toujours numéro 2 mondial et leader européen du secteur ? Ses employés, sûrement. Eux qui peinent à boucler leurs fins de mois, encore plus lorsque, par centaines, ils sont payés sous le smic ! Tout est bon pour le pognon. Mais, dans ce cas, lorsqu’ils saisissent les prud’hommes, la justice a su se rappeler au bon souvenir du groupe et le condamner. À l’autre bout de la chaîne alimentaire, leur PDG, lui, se voit gratifier de revenus avoisinant les 7 millions d’euros par an, moitié en salaires et avantages, moitié en placements boursiers. Il est, dit-on dans la presse spécialisée, l’un des mieux payés du CAC 40. Tel est le prix à payer pour assurer la rentabilité maximale… pour les actionnaires. Au premier rang de ces derniers figure le fonds d’investissement Colony Capital, allié à Bernard Arnault, le PDG du groupe de luxe LVMH.
Patrimoine immobilier, vente avec bénéfice des filiales à l’étranger, diversification des formats de magasins pour en accroître la rentabilité au mètre carré, tout fait ventre pour rentabiliser la mise. Que les hommes et les femmes qui font ce groupe finissent par se confondre avec des denrées périssables n’est guère que dans l’ordre des choses pour qui ne compte que le rendement financier le plus rapide. « La CGT de Carrefour veut perturber Noël », titrait le Parisien lorsque ces salariés se sont mis en grève contre la nouvelle régression en cours. Dans ces colonnes-ci, on salue bien bas ceux qui ont le courage de relever la tête.
Ainsi va la vie dans le secteur de la grande distribution, grand pourvoyeur des damnés de la terre de notre époque.
Par Michel Guilloux
http://www.humanite.fr/20_12_2010-leçons-de-choses-460608
Dos usés, vies en miettes, salaires au lance-pierre… Comme si cela ne suffisait pas, selon la formule terrible du syndicaliste qui témoigne dans nos colonnes, voilà des salariés qui « ne sont plus que des produits parmi les produits ». Embaucher à 2 heures du matin ou finir à 23 heures. Ne plus voir le jour, dans tous les sens du terme, et si l’on craque, tant pis. Il y aura des encore plus précaires que soi pour prendre la place, temporaire. Ainsi va la vie dans le secteur de la grande distribution, grand pourvoyeur des damnés de la terre de notre époque, qui conjugue travail de nuit et pénibilité jusqu’à plus soif. On pourra relever ici un lien entre le patronat de Carrefour, dans ce cas, et le pouvoir sarkozyste. Pour ces gens-là, le travail n’a de valeur que pour autant qu’il nourrisse la machine à dividendes. Les hommes, et ici singulièrement les femmes, ne sont que « variables d’ajustement », « coûts », à presser comme des citrons et à jeter après usage.
Avec la réorganisation en cours se dessine un concentré de leur modèle de société. En difficulté Carrefour, toujours numéro 2 mondial et leader européen du secteur ? Ses employés, sûrement. Eux qui peinent à boucler leurs fins de mois, encore plus lorsque, par centaines, ils sont payés sous le smic ! Tout est bon pour le pognon. Mais, dans ce cas, lorsqu’ils saisissent les prud’hommes, la justice a su se rappeler au bon souvenir du groupe et le condamner. À l’autre bout de la chaîne alimentaire, leur PDG, lui, se voit gratifier de revenus avoisinant les 7 millions d’euros par an, moitié en salaires et avantages, moitié en placements boursiers. Il est, dit-on dans la presse spécialisée, l’un des mieux payés du CAC 40. Tel est le prix à payer pour assurer la rentabilité maximale… pour les actionnaires. Au premier rang de ces derniers figure le fonds d’investissement Colony Capital, allié à Bernard Arnault, le PDG du groupe de luxe LVMH.
Patrimoine immobilier, vente avec bénéfice des filiales à l’étranger, diversification des formats de magasins pour en accroître la rentabilité au mètre carré, tout fait ventre pour rentabiliser la mise. Que les hommes et les femmes qui font ce groupe finissent par se confondre avec des denrées périssables n’est guère que dans l’ordre des choses pour qui ne compte que le rendement financier le plus rapide. « La CGT de Carrefour veut perturber Noël », titrait le Parisien lorsque ces salariés se sont mis en grève contre la nouvelle régression en cours. Dans ces colonnes-ci, on salue bien bas ceux qui ont le courage de relever la tête.
Ainsi va la vie dans le secteur de la grande distribution, grand pourvoyeur des damnés de la terre de notre époque.
Par Michel Guilloux
http://www.humanite.fr/20_12_2010-leçons-de-choses-460608
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