Ce collectif autunois a été crée le 22 Octobre 2010 par des autunois qui sont des syndicalistes, des personnes oeuvrant socialement ou de simples citoyens.Le but de ce collectif est de ne plus laisser une poignée de nos dirigeants supprimer nos acquis sociaux.C'est aussi refuser de supprimer à court terme notre système de retraite par répartition et de le livrer à la capitalisation.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un collectif de résistance au système capitaliste.
vendredi 7 janvier 2011
Course à l’échalote
La France et les Français ont-ils quelque chose à gagner à une course à l’échalote entre la droite et le PS ? C’est au fond la question posée par le petit numéro de Manuel Valls sur les 35 heures. Certes, il a choisi de jouer sa partition dans les débats internes de son parti et dans la perspective des primaires. Au cas où DSK n’irait pas, le député maire d’Évry se verrait bien, semble-t-il, dans le rôle du coucou. Pour autant, qu’il le fasse en mettant ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy n’est pas anodin et sans conséquences. Si une partie de l’UMP affecte de s’en désintéresser en estimant que de toute manière le sort des 35 heures est joué depuis 2008 et que leur « déverrouillage » est déjà effectif, d’autres, autour de Jean-François Copé, saisissent l’occasion de pousser les feux pour y jeter la notion même de durée légale du travail.
Non que cela traduise un désaccord à droite. Il n’est question que de tactique et d’un partage des rôles dans la meilleure manière de se hâter lentement. Même scénario au Medef où, si l’on feint aussi de faire peu de cas du débat de ces derniers jours, c’est pour affirmer que « l’idéal serait bien de supprimer toute référence légale à la durée du travail ». Dans ces conditions, le rôle de supplétif du candidat socialiste ne peut qu’être salué comme hier dans le Figaro, qui soulignait son « impertinence » et son refus des « discours démagogiques ». C’est curieux comme la droite apprécie « l’impertinence » quand elle la flatte.
Mais on ne saurait en rester à l’épisode Manuel Valls. Car ses propos illustrent à leur manière une forte propension d’autres leaders socialistes à une dérive des continents. On se souvient sans doute des propos de DSK sur les retraites. D’autres, dont François Hollande, ont déjà mis en cause les 35 heures, ou ce qu’il en reste. François Hollande encore s’insurgeait, il y a déjà deux ou trois ans, contre « les incantations » mettant en cause le capitalisme. Parmi les quadras, Arnaud Montebourg souhaite « un capitalisme coopératif ». Autant de positionnements, et on en oublie bien sûr, qui ont mis en scène ces derniers mois ce qui serait une querelle des anciens et des modernes, orchestrée par les commentateurs politiques en cour. Les anciens, les archaïques, les utopistes, voire les naïfs ou même les populistes étant ceux qui restent absurdement persuadés que l’on peut peser sur le cours des choses jusqu’à remettre en cause, peut-être, le capitalisme lui-même. Les modernes et les réalistes ayant décidé d’épouser ce même cours des choses, quand bien même il se confond avec ceux de la Bourse et du CAC 40 qui, soit dit en passant, démarre l’année « en fanfare », selon la presse économique.
Ainsi, alors même que nous sommes toujours dans la tourmente d’une crise sans précédent du capitalisme, dramatique pour les peuples, porteuse dans les pays les plus avancés de régression sociale et de remise en cause de véritables acquis de civilisation, par une perversion du langage qui laisse pantois, la modernité serait de s’en accommoder et de soumettre les peuples, plutôt que les marchés. Comme si ces derniers étaient devenus une puissance autonome échappant comme la créature de Frankenstein à ses créateurs qui n’auraient plus qu’à les servir. Sauf que la France et les Français, au cours des derniers mois, ont démontré qu’il pouvait en être autrement, qu’ils pouvaient agir et construire, avec tous ceux qui le veulent à gauche, de nouveaux rassemblements pour une alternative réelle à cette politique et ceux qui la soutiennent, d’où qu’ils soient.
C’est curieux comme la droite apprécie « l’impertinence » quand elle la flatte.
Maurice Ulrich http://www.humanite.fr/05_01_2011-les-privatisations-contre-l’intérêt-général-461428
Les privatisations contre l’intérêt général
Des intellectuels du plus grand renom ont tiré la sonnette d’alarme : le pilotage par les entreprises conduit à négliger la recherche fondamentale, dont les bénéfices sont rarement immédiats mais qui ouvre ensuite des horizons immenses. La soumission de l’université au bon vouloir des actionnaires menace du même enfermement la formation des cadres du pays dans la logique du profit à courte vue. C’est la dynamique même d’une civilisation, sa capacité à relever les défis auxquels elle est confrontée qui s’en trouvent altérées.
L’imposition des politiques de privatisation dans les domaines essentiels de la vie humaine suscite de plus en plus de couacs. La SNCF fait rouler ses TGV à 320 km/h mais il faut vingt-six heures à un train pour relier Strasbourg à Nice et Port-Bou. La logique du « business » s’est traduite par 25 000 suppressions d’emplois en neuf ans et les « réserves en personnel de bord » ne sont plus pourvues alors qu’elles auraient dû permettre de pallier la défaillance de conducteur. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », les « aiguilleurs n’ont plus de contact avec les autres services », déplore la CGT cheminots. Et voilà qu’un train à grande vitesse se retrouve à Nantes plutôt qu’à Rennes. À quoi sera réduit, demain, le service postal français, si les règles de la concurrence et de la rentabilité en guident le fonctionnement ? Les banlieues et les zones rurales seront délaissées car trop coûteuses à desservir et la situation qui voit des régions entières ne plus bénéficier de l’acheminement de leur journal quotidien le samedi se généralisera. Cette orientation constituera à la fois un gâchis monstrueux pour toute la société et un fromage coulant en dividendes pour les entreprises qui lorgnent le marché. C’est leurs voix qu’entendent, hélas, la Commission européenne, le FMI et la Banque mondiale, qui l’exigent des peuples du monde.
Cette confusion entre l’intérêt général, le service public et les appétits des multinationales fait mauvais ménage avec la sécurité. Le scandale du Mediator l’atteste après la gabegie du vaccin contre la grippe porcine. Qu’en sera-t-il des hôpitaux si leur gestion est livrée aux grandes sociétés du secteur ? Lorsqu’une base aérienne à Creil voit son organisation confiée à un géant du CAC 40, chacun mesure la pente dangereuse qui menace la défense nationale. Lorsque les États-Unis et ses affidés ont confié des missions en Irak et en Afghanistan aux mercenaires des multinationales de la sécurité, on a vu ce qu’il en a coûté aux populations civiles, réduites à des variables d’ajustement.
Parler des bonnes manières faites par Manuel Valls à Nicolas Sarkozy, sur les 35 heures après l’avoir accompagné sur la sécurité, n’est pas s’éloigner du sujet. Parie-t-il sur un succès du président sortant en 2012 qui lui laisserait l’espoir de se construire, durant ces cinq années, un profil à la Tony Blair ? En tout cas, le député maire d’Évry, qui fait passer en comparaison Dominique Strauss-Kahn pour un parangon de la gauche, vient de confesser sur Canal Plus qu’il n’avait jamais lu l’Humanité et lui préférait le Figaro. Tout s’explique ! Comme il doit écouter plus souvent Michel Sardou que Jean Ferrat, dédions-lui des extraits d’une chanson qu’on croirait faite pour lui : « La porte du bonheur est une porte étroite / On m’affirme aujourd’hui que c’est la porte à droite (…) On m’a dit tu comprends, tes idées archaïques / Ne feront qu’aggraver la crise économique »…
Patrick Apel-Muller http://www.humanite.fr/05_01_2011-les-privatisations-contre-l’intérêt-général-461428
mercredi 5 janvier 2011
La CGT boycotte les voeux de Nicolas Sarkozy
Pour la première fois, le syndicat ne se rendra pas à la présentation des voeux du chef de l’Etat aux Forces vives justifiant ce refus par la volonté de ne pas participer à "un simulacre" après le conflit sur les retraites.
La CGT, Bernard Thibault en tête, ne se rendra pas, pour la première fois, aux voeux du président de la République, Nicolas Sarkozy, aux Forces vives, jeudi, justifiant ce refus par la volonté de ne pas participer à "un simulacre" après le conflit sur les retraites, a-t-elle annoncé mercredi 5 janvier. "Il n’y aura personne de la CGT. C’est une première", a-t-on indiqué à la centrale de Montreuil, à la veille des voeux du chef de l’Etat aux syndicats, au patronat et aux associations programmés jeudi à 17h00 à l’Elysée. Rappelant que "2010 a été marquée par la mobilisation sociale unitaire pour s’opposer à la reforme des retraites fondées sur des bases injustes et inefficaces", la CGT note dans un communiqué que "c’est dans ce contexte que se présente la cérémonie habituelle des voeux de l’Elysée aux ’forces vives’".
"Dédain"
"Sans nul doute l’encouragement au ’dialogue social’ et la nécessité de ’syndicats forts’ seront classiquement présents dans les voeux présidentiels. La CGT refuse d’apporter son concours à ce simulacre, elle décide par conséquent de décliner l’invitation de la présidence pour les voeux de 2011", ajoute-t-elle. La centrale de Bernard Thibault rappelle que "face à ce mouvement d’ampleur exceptionnelle de plusieurs mois" contre la réforme des retraites, "ce fut l’intransigeance du côté du président de la République et le dédain à l’égard des positions syndicales sur un choix de société qui a conditionné l’avenir pour des millions de salariés". (Nouvelobs.com)
http://info.france2.fr/france/la-cgt-n-ira-pas-aux-voeux-du-president-66659762.html
http://lesinfos.com/2011/01/05/la-cgt-dit-non-aux-voeux-de-nicolas-sarkozy/
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jxu3FR7gg0H57td08-hXgpLUbbgA?docId=CNG.b98c3afd1592d4cb813a74084bc94c52.01
Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale
Un slogan brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale.
Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale
Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale. La ville de Paris lui rend hommage, mardi, en inaugurant une place à son nom.
« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. » Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l’inauguration de la place qui est lui est enfin dévolue au cœur de Paris [1] Un slogan brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manœuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. Á treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. Á dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. »
Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au cœur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire. En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là, mûrissent les rêves du, La place Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR). La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » Á la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage. Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.
Michel Etiévent
Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale
Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale. La ville de Paris lui rend hommage, mardi, en inaugurant une place à son nom.
« Jamais nous ne tolérerons qu’un seul des avantages de la sécurité sociale soit mis en péril. Nous défendrons à en perdre la vie et avec la plus grande énergie cette loi humaine et de progrès. » Cette phrase, prononcée par Ambroise Croizat lors de son dernier discours à l’Assemblée nationale, le 24 octobre 1950, sera mardi le fil rouge de l’inauguration de la place qui est lui est enfin dévolue au cœur de Paris [1] Un slogan brûlant d’actualité à l’heure du détricotage des acquis et qui sonne comme un hommage à un parcours qui a fait du « bâtisseur de la Sécurité sociale », l’un de ceux qui ont forgé la dignité de notre identité sociale. Il faut rappeler ce chemin entamé un 28 janvier 1901, dans l’éclat des fours de Savoie ou son père, Antoine, est manœuvre. En cette aurore du siècle, dans la cité ouvrière de Notre-Dame-de-Briançon, on vit la misère qui court les pages de Germinal. Pas de Sécurité sociale, pas de retraite. L’espoir, c’est le père d’Ambroise qui l’incarne. Fondateur du syndicat CGT, il lance la première grève pour une protection sociale de dignité. Il l’obtient mais de vieilles revanches l’invitent à s’embaucher ailleurs. 1907. Ugine, autre grève, errance obligée vers Lyon. C’est là qu’Ambroise prend le relais du père. Á treize ans, il est ajusteur. Derrière l’établi, les mots du père fécondent : « Ne plie pas, petit. Le siècle s’ouvre… » Ambroise adhère à la CGT. Á dix-sept ans, il anime les grèves de la métallurgie. Reste à faire le pas. Celui de Tours, ou il entre au PCF. « On le voyait partout, dit un témoin, devant les usines, au cœur d’une assemblée paysanne. Proche du peuple d’ou il venait. »
Antimilitarisme, anticolonialisme tissent les chemins du jeune communiste. 1927. Il est secrétaire de la fédération des métaux CGTU. « Militant ambulant », un baluchon de Vie ouvrière à vendre pour tout salaire. Commence un périple ou il anime les révoltes de Marseille et du Nord, tandis que sur le terreau de la crise germe le fascisme. « S’unir, disait-il, pas unis, pas d’acquis ! » Ces mots, il les laisse au cœur des luttes ou se dessinent les espérances du Front populaire. En 1936, Ambroise est élu député du PCF dans le 14e arrondissement. Il impose la loi sur les conventions collectives. Présent à Matignon, il donne aux accords du même nom, la couleur des congés payés et de la semaine de quarante heures. Vient l’année noire, 1939. Arrêté le 7 octobre avec trente-cinq autres députés communistes, il est incarcéré à la Santé. Fers aux pieds, il traverse quatorze prisons avant de subir les horreurs du bagne d’Alger. Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à la commission consultative du gouvernement provisoire autour du général de Gaulle. Là, mûrissent les rêves du, La place Ambrouse Croizat se situe dans le 14è arrondissement de Paris, Conseil national de la résistance (CNR). La Sécurité sociale, bien sûr, dont le postulat colore le programme de mars 1944 : « Nous, combattants de l’ombre, exigeons la mise en place d’un plan complet de sécurité sociale vivant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas ou ils sont incapables de se le procurer par le travail avec gestion par les intéressés et l’État. » Á la tête d’une commission de résistants, Ambroise trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944. C’est cette réflexion collective, mûrie par François Billoux, ministre de la Santé, qui aboutit à l’ordonnance d’octobre 1945. Le texte écrit, reste à bâtir. Le chantier débute en novembre 1945, quand il est nommé au ministère du Travail. Centre trente-huit caisses sont édifiées en deux ans sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. P. Laroque, technicien chargé de la mise en place du régime, déclarait en 1947 : « En dix mois et malgré les oppositions, a été construite cette structure solidaire alors que les Anglais n’ont pu mettre en application le plan Beveridge, qui date de 1942, qu’en 1948. Il faut dire l’appui irremplaçable d’Ambroise Croizat. Son entière confiance manifestée aux hommes de terrain est à l’origine d’un succès aussi remarquable. » Rappelons combien le rapport de forces de l’époque permit la naissance de l’institution : un PCF à 29 % ; 5 millions d’adhérents à la CGT, qui a joué un rôle fondateur ; une classe ouvrière grandie par l’héroïsme de sa résistance. Là ne s’arrête pas l’héritage. Ambroise laisse à l’agenda du siècle ses plus belles conquêtes : la généralisation des retraites, des prestations familiales uniques au monde, les comités d’entreprise, la médecine du travail, les statuts des mineurs et des électriciens et gaziers (cosignés avec M. Paul), la prévention dans l’entreprise, la reconnaissance des maladies professionnelles… « Jamais nous ne tolérerons que soit rogné un seul des avantages de la Sécurité sociale… » Un cri répété demain, place Ambroise Croizat, pour que la Sécurité sociale ne soit pas une coquille vide livrée au privé mais demeure ce qu’Ambroise a toujours voulu qu’elle soit : un vrai lieu de solidarité, un rempart contre le rejet et l’exclusion. Ambroise meurt en février 1951. Ils étaient un million à l’accompagner au Père-Lachaise. Le peuple de France, « celui à qui il avait donné le goût de la dignité », écrivait Jean-Pierre Chabrol.
Michel Etiévent
Vieillir est une chance, pas une charge
Et rebelote ! La réforme des retraites n’est toujours pas digérée, que s’engage un scénario en tout point similaire avec le chantier de la dépendance. D’abord, le président de la République lance à la télévision une promesse qu’il va dévoyer : « créer une nouvelle branche de la Sécurité sociale ». Ensuite, Nicolas Sarkozy lâche une petite phrase en forme de question, comme si de rien n’était : « Faut-il un système assurantiel ? Obliger les gens à s’assurer ? » Et là tout est dit. Le recours à l’assurance privée est dans les tuyaux. Pire, l’idée s’en trouve banalisée, préparant le terrain d’une inversion totale de logique. Adieu le concept de solidarité nationale inscrit dans le principe « chacun cotise en fonction de ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins ». Bonjour le diktat des marchés : chacun cotise en fonction de ses moyens et se retrouve couvert en conséquence, c’est-à-dire peu pour les foyers les plus pauvres. Les syndicats vont se montrer réticents à emprunter ce chemin. Le gouvernement installe donc un sens unique. Une « concertation » suffira. Pas de négociation. Pas de place aux propositions alternatives.
Pas étonnant dans ce cadre que les Français soient les champions du monde du pessimisme. Ils viennent de perdre deux ans de retraite, pressentent qu’ils vont devoir se payer le risque dépendance, et même du côté des socialistes, il est aujourd’hui question de rogner sur les 35 heures ! Dans l’optique sarkozyste, au nom de la réduction des déficits publics, le social doit payer, générant pour des millions de citoyens des lendemains qui déchantent.
Mais rien n’est perdu. Car l’opinion publique fait d’abord preuve d’une grande lucidité. Face à l’indice de « malheur intérieur brut » que veulent imposer les libéraux, la protection sociale est précisément un des principaux facteurs de confiance quand il s’agit de mesurer le bien-être d’une population, un « indice de bonheur brut » qui pourrait s’imposer dans le débat.
La question est donc bien d’occuper les mois qui viennent à déverrouiller la bataille idéologique. La Sécurité sociale a été créée pour répondre à une question : comment compenser tous les aléas de la vie, de la naissance à la mort. L’UMP considère que vieillir est une charge pour les finances publiques et rabaisse le grand âge au rang d’une facture de 6 milliards d’euros par an à trouver. Mais il n’est pas impossible d’inverser le point de vue. Si vieillir est une chance, alors il faut protéger ce temps de vie, en imaginant une solide protection sociale, qui sécurise aussi la perte d’autonomie, quel que soit l’âge auquel on y est d’ailleurs confronté. Il s’agit donc d’imaginer une sorte de service public de la vieillesse, dont les ressorts de financement s’appuieraient sur une répartition plus équitable des richesses, ce qui permettrait au passage de rabattre le caquet aux lobbies des assurances qui piaffent d’impatience en attendant les étrennes que leur prépare le « président des riches ».
La question est donc bien d’occuper les mois qui viennent à déverrouiller la bataille idéologique.
Paule Masson http://humanite.fr/03_01_2011-vieillir-est-une-chance-pas-une-charge-461275
Non les 35 heures ne sont pas responsables de tous les malheurs du monde !
Plutôt que d’écouter les bétises de Manuel Valls, ou celle de Nicolas Sarkozy et François Baroin, il faut mieux consulter les statistiques de l’OCDE pour savoir quel est le temps de travail hebdomadaire moyen en France (38 heures par semaine depuis 2002).
En Allemagne, le temps de travail est plus ou moins de 36 heures, sur la même période. Les Hollandais ne font même pas 31 heures hebdomadaires !
En terme de productivité, l’heure de travail en France est supérieure à l’Allemagne, alors que le PIB par habitant est inférieur. Ce n’est donc pas la faute des travailleurs si l’économie française est moins performante que sa voisine, ce doit donc être celle des chefs d’entreprise, et de la politique économique, qui peinent à résorber le chômage (en 2009, 9,5 % pour la France contre 7,5 pour l’Allemagne).
«Les pays qui ont le plus réduit le chômage sont ceux qui ont augmenté le temps de travail», disait Nicolas Sarkozy en juillet. Les chiffres de l’OCDE nous montrent exactement l’inverse.
«Les 35 heures ont détruit la compétitivité» continuait Nicolas Sarkozy en pensant que les citoyens sont incapable de vérifier les données par eux-même : La compétitivité française s’est au contraire améliorée de 1997 à 2002. Pendant toutes ces années la France avait un excédent extérieur compris entre 20 et 30 milliards d’euros. Depuis 2003 (retour aux 38 heures), le solde extérieur n’a cessé de fondre, pour se transformer en un déficit croissant à partir de 2005, atteignant plus de 40 milliards en 2009.
Non les 35 heures ne sont pas responsables de tous les malheurs du monde : http://0z.fr/T8IYX
mardi 4 janvier 2011
Contre la loi Loppsi II
Rosa mardi 4 janvier 2011
Nous, nomades, citoyens en mouvement, victimes d’exclusion par le logement, par notre mode de vie, par notre ethnie, par nos convictions humanistes de liberté et nos convictions écologiques, nous avons fait le choix de créer le collectif éphémère « nomades et citoyens en mouvement » afin de dénoncer la loi « Loppsi2 » qui méprise, bafoue nos libertés individuelles et publiques et instaure un contrôle généralisé de l’ensemble de la population avec ce nouvel Etat policier ; surveillance d’internet, mouchard dans nos ordinateurs, plus de pouvoir aux policiers municipaux, triplement des caméras de surveillance, couvre-feu pour les mineurs de 13 ans, fermeture facilitée des épiceries de nuit, création du délit de « vendeur à la sauvette », interdiction de mode d’habitat « choisi »… La chasse à « l’étranger » voulue par Nicolas SARKOZY s’accélère…
Par l’article 32Ter de la loi LOPPSI2 (Loi d’Orientation pour la Programmation et la Performance de la Sécurité Intérieure) le gouvernement met en œuvre l’extermination sociale des plus pauvres, des précaires, des plus démunis, de ceux qui cherchent une alternative à ce système d’oppression capitaliste par leur choix d’habiter, d’éduquer, de se soigner, de manger, de penser, de vivre « différemment » tout simplement !
Cet article criminalise tout abri « hors norme » en créant une catégorie de « logements illicites ». Il sera désormais hors la loi de se loger en France dans une cabane ou tout local auto-construit non inclus dans le code normatif de l’urbanisme, et même sous une tente, qu’il s’agisse d’un abri de fortune ou d’une yourte écologique.
La loi autorisera l’expulsion des personnes et des familles vivant dans ces habitations sous 48h (se moquant de la trêve hivernale et sans obligation de proposer une solution de relogement ou d’hébergement) et autorisera la destruction de leurs biens s’ils ne se soumettent pas à cette décision arbitraire (car cette loi viole le droit de tout citoyen à une procédure équitable et contradictoire, où chacun peut expliquer sa situation et ses choix devant un juge).
La destruction des habitats « précaires » inaugure une violation de domicile « légale » sous des prétextes répressifs.
Alors que le bilan de la loi DALO (Droit au Logement Opposable) est catastrophique,
Alors que le gouvernement augmente les taxes sur les HLM,
Alors qu’il détourne le 1% logement vers les plus aisés,
Alors que la loi SRU est bafouée,
Alors que les quartiers « difficiles » sont piégés en ghettos de violence.
Cette nouvelle loi étend les discriminations ethniques, ordonnées par les circulaires Hortefeux contre les camps de Roms et des gens du voyage, à toute personne sur le territoire français qui se loge par ses propres moyens et selon ses convictions.
Le gouvernement profite de la xénophobie à l’égard des Roms pour amplifier sa chasse aux différences, englobant toute expression de la contre-culture. Car cette loi vise et stigmatise clairement l’avant-garde d’une transformation de société, engagée dans des modes de vie sobres et éthiques (transformation pourtant appelée par tous les experts de la préservation du climat, des ressources et de la bio-diversité !). L’éradication autoritaire de toute forme de solutions spontanées, de toute alternative au mode conformiste d’habiter constitue une mesure radicale extrêmement grave qui, en éliminant toute forme d’inventivité populaire ainsi que toute visibilité des catégories sociales les plus exposées, enraye le processus de résolution des conflits environnementaux et sociaux et d’élaboration de « solutions locales pour un désordre global ».
Nous appelons toutes les forces citoyennes, militantes et les organisations qui se reconnaissent dans ce combat pour le droit, l’égalité, la justice et la liberté à se joindre à nous, à se rassembler et à se mobiliser contre la loi LOPPSI2 jusqu’à la victoire ! CETTE LOI NE DOIT PAS PASSER !!!
Le Collectif éphémère « nomades et citoyens en mouvement ».
Rassemblement à Montpellier, samedi 8 janvier à 14h, devant la préfecture.
Illustration : http://www.maelable.fr/loppsi/loppsi2.jpg
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article112173
Nous, nomades, citoyens en mouvement, victimes d’exclusion par le logement, par notre mode de vie, par notre ethnie, par nos convictions humanistes de liberté et nos convictions écologiques, nous avons fait le choix de créer le collectif éphémère « nomades et citoyens en mouvement » afin de dénoncer la loi « Loppsi2 » qui méprise, bafoue nos libertés individuelles et publiques et instaure un contrôle généralisé de l’ensemble de la population avec ce nouvel Etat policier ; surveillance d’internet, mouchard dans nos ordinateurs, plus de pouvoir aux policiers municipaux, triplement des caméras de surveillance, couvre-feu pour les mineurs de 13 ans, fermeture facilitée des épiceries de nuit, création du délit de « vendeur à la sauvette », interdiction de mode d’habitat « choisi »… La chasse à « l’étranger » voulue par Nicolas SARKOZY s’accélère…
Par l’article 32Ter de la loi LOPPSI2 (Loi d’Orientation pour la Programmation et la Performance de la Sécurité Intérieure) le gouvernement met en œuvre l’extermination sociale des plus pauvres, des précaires, des plus démunis, de ceux qui cherchent une alternative à ce système d’oppression capitaliste par leur choix d’habiter, d’éduquer, de se soigner, de manger, de penser, de vivre « différemment » tout simplement !
Cet article criminalise tout abri « hors norme » en créant une catégorie de « logements illicites ». Il sera désormais hors la loi de se loger en France dans une cabane ou tout local auto-construit non inclus dans le code normatif de l’urbanisme, et même sous une tente, qu’il s’agisse d’un abri de fortune ou d’une yourte écologique.
La loi autorisera l’expulsion des personnes et des familles vivant dans ces habitations sous 48h (se moquant de la trêve hivernale et sans obligation de proposer une solution de relogement ou d’hébergement) et autorisera la destruction de leurs biens s’ils ne se soumettent pas à cette décision arbitraire (car cette loi viole le droit de tout citoyen à une procédure équitable et contradictoire, où chacun peut expliquer sa situation et ses choix devant un juge).
La destruction des habitats « précaires » inaugure une violation de domicile « légale » sous des prétextes répressifs.
Alors que le bilan de la loi DALO (Droit au Logement Opposable) est catastrophique,
Alors que le gouvernement augmente les taxes sur les HLM,
Alors qu’il détourne le 1% logement vers les plus aisés,
Alors que la loi SRU est bafouée,
Alors que les quartiers « difficiles » sont piégés en ghettos de violence.
Cette nouvelle loi étend les discriminations ethniques, ordonnées par les circulaires Hortefeux contre les camps de Roms et des gens du voyage, à toute personne sur le territoire français qui se loge par ses propres moyens et selon ses convictions.
Le gouvernement profite de la xénophobie à l’égard des Roms pour amplifier sa chasse aux différences, englobant toute expression de la contre-culture. Car cette loi vise et stigmatise clairement l’avant-garde d’une transformation de société, engagée dans des modes de vie sobres et éthiques (transformation pourtant appelée par tous les experts de la préservation du climat, des ressources et de la bio-diversité !). L’éradication autoritaire de toute forme de solutions spontanées, de toute alternative au mode conformiste d’habiter constitue une mesure radicale extrêmement grave qui, en éliminant toute forme d’inventivité populaire ainsi que toute visibilité des catégories sociales les plus exposées, enraye le processus de résolution des conflits environnementaux et sociaux et d’élaboration de « solutions locales pour un désordre global ».
Nous appelons toutes les forces citoyennes, militantes et les organisations qui se reconnaissent dans ce combat pour le droit, l’égalité, la justice et la liberté à se joindre à nous, à se rassembler et à se mobiliser contre la loi LOPPSI2 jusqu’à la victoire ! CETTE LOI NE DOIT PAS PASSER !!!
Le Collectif éphémère « nomades et citoyens en mouvement ».
Rassemblement à Montpellier, samedi 8 janvier à 14h, devant la préfecture.
Illustration : http://www.maelable.fr/loppsi/loppsi2.jpg
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article112173
Inscription à :
Articles (Atom)








