Paul Jorion Mardi 4 Janvier 2011
L'année 2010 vient de s'achever sur l'espoir d'une reprise économique qui ne s'est jamais confirmée. L'économiste Paul Jorion revient sur les symptômes d'un marasme qui n'en finit pas de s'étendre, et où les banques entraînent les Etats dans une « spirale infernale ».
Ce texte est un « article presslib’ » (*)
L’année financière 2010 s’est caractérisée par le rétrécissement des options pour toutes les nations.
En raison d’une concentration excessive de la richesse, le financement des entreprises, le revenu des ménages, avaient été partiellement remplacés par des crédits. En 2008, le château de cartes du crédit s’est écroulé. On a parlé de « crise de liquidité » au lieu d’insolvabilité pour permettre aux États de renflouer les banques en catimini en leur avançant des fonds à taux zéro ou à peu près par le biais de leur banque centrale. Au lieu de prêter cet argent-là à des entreprises ou à des particuliers, qui auraient été bien incapables de les rembourser le temps venu dans le contexte de récession qui s’était créé, les banques commerciales ont remis cet argent en pension auprès des banques centrales ou ont acheté des emprunts d’État. Comme les États s’étaient surendettés pour renflouer les banques, et s’étaient portés garants de leur solvabilité, et que leurs rentrées baissaient du fait de la récession, le taux exigé sur leur dette par le marché des capitaux grimpait et la valeur de leurs emprunts baissait parallèlement. Du coup, le portefeuille des banques se dévalorisait. Ce qui les obligeait à se recapitaliser. Les banques s’affaiblissaient parce que leur portefeuille était bourré d’emprunts d’État qui perdaient de leur valeur parce que les États s’étaient affaiblis en venant à la rescousse des banques : une spirale infernale s’était amorcée.
Aux États-Unis, les autorités, comme les économistes, et comme la population toute entière, ont guetté anxieusement en 2010 les signes d’une reprise qui ne fut jamais au rendez-vous. La chasse quotidienne aux indices de rebond constituait un spectacle particulièrement navrant. Que des profanes en matière économique imaginent qu’un indice isolé, comme un chiffre du chômage un peu meilleur que d’habitude, ou un prix de l’immobilier en hausse légère, puisse représenter à lui tout seul un signe de reprise est excusable puisque la complexité de la machine économique peut très bien leur être inintelligible, mais que des économistes professionnels succombent à de telles illusions (s’ils sont dupes) ou participent à de telles campagnes de propagande (s’ils ne le sont pas) était spécialement inquiétant.
Devant un chiffre du chômage bloqué au taux officiel de 10 % et officieux de 17 %, et un stock immobilier qu’il faudrait près de neuf ans pour écouler (107 mois), l’Amérique était hantée par le spectre de la déflation. Elle n’ hésita pas : elle eut recours à l’arme ultime qu’est l’assouplissement quantitatif, euphémisme utilisé pour désigner la planche à billets, arme que le statut de monnaie de référence et de réserve de sa devise lui offrait, quitte à exporter ses problèmes à la surface du globe sous la forme de dollars dévalués de fait cherchant à se placer dans des économies en moins mauvaise posture que la sienne. La manœuvre ne fut guère appréciée à l’étranger. Au sommet du G20 à Séoul en novembre, les États-Unis se sont retrouvés dans une situation inédite : isolés face à une coalition constituée du reste du monde. Il n’en est pour autant rien sorti : devant la détérioration économique de l’Occident et le dynamisme du reste du monde, le G20 qui promettait monts et merveilles en matière de gouvernance mondiale a confirmé en 2010 l’impuissance qui est la sienne depuis sa mise en place en 2008.
L’Amérique n’a évoqué à aucun moment la crainte de la déflation comme sa motivation pour recourir à la planche à billets : elle a parlé plutôt de relancer son économie. Pendant ce temps-là, l’Europe de la zone euro choisissait d’accorder la priorité au règlement de sa dette publique, quitte à sacrifier la relance, puisque l’austérité, freinant la consommation, entraîne nécessairement une contraction de l’économie.
L’Europe, comme les États-Unis d’ailleurs, avaient fait le choix depuis 2008 de sauver les investisseurs à tout prix. Choix dont il faudra un jour écrire l’histoire et analyser les motivations et les ressorts. La première fausse note de cette partition viendrait d’Angela Merkel, le premier ministre allemand, qui engagea la zone euro dans une voie inédite : mettre à contribution les investisseurs en cas de difficultés à partir de 2013. Les prêteurs aux États européens se sont en effet vu annoncer qu’à partir de cette date, la prime de risque qu’ils intègrent dans le coupon réclamé sur la dette d’État deviendra pour de bon ce qu’ils ont toujours affirmé qu’elle était en réalité, à savoir une prime de risque à proprement parler, censée couvrir le risque de défaut de l’emprunteur. Reste à voir si les prêteurs seront heureux d’être pris au mot – même si c’est sur le tard dans l’histoire du capitalisme – et toujours aussi nombreux dans le nouveau cadre défini par ce codicille.
Bien sûr la zone euro n’avait d’ores et déjà plus d’autre choix, s’étant engagée avec le sauvetage de la Grèce au printemps 2010 et de l’Irlande à l’automne, dans une voie sans issue : celle où viennent en aide aux nations qui défaillent – dont le nombre croît sans cesse –, le groupe des survivants parmi les seize nations – dont la taille diminue dans la même proportion. C’est qu’après la Grèce et l’Irlande, le Portugal et l’Espagne apparaissaient eux comme immédiatement menacés.
Dans la zone euro, l’État le plus affaibli, la Grèce, a crié au secours le premier. On a créé tant bien que mal après des atermoiements coûteux, un fonds de garantie européen. On était en mai, les choses se sont tassées. Cinq mois plus tard, l’attention s’est tournée vers l’Irlande dont le secteur bancaire, nationalisé à divers degrés, continuait de réclamer un soutien abyssal, représentant pour 2010 pas moins de 32 % du Produit Intérieur Brut de la petite nation de 4,5 millions d’habitants, une somme qui pourrait atteindre au total 150 milliards d’euros. Dans les conversations entre l’Allemagne et la France, le mot « restructuration » cessa bientôt d’être tabou quand on parlait de la dette de l’Irlande, de la Grèce, et des prochains dominos à tomber qu’étaient le Portugal et l’Espagne. Et sinon la « restructuration », du moins le « rééchelonnement » – ce qui du point de vue des créanciers veut dire la même chose : qu’une partie de la somme escomptée manquera à l’arrivée. Quoi qu’il en soit, ce seraient les détenteurs d’emprunts d’État – au premier rang desquels les banques – qui paieraient cette fois. Du moins si elles peuvent encaisser la perte. Si elles ne le peuvent pas et si elles figurent au palmarès des vingt banques « Too Big to Fail », trop grosses pour faire défaut – entendez « sans que tout ne s’effondre » – établi par le Conseil de Stabilité Financière du G20, il faudra que les États les sauvent. Avec quel argent ? Excellente question : serait-ce en faisant régler l’ardoise des vingt plus grosses banques du monde par le Fonds Monétaire International, le payeur de dernier ressort ? Impossible puisque, vivant des cotisations des États membres, ses ressources à lui ne sont pas non plus infinies.
De leur côté, les nations émergentes communément appelées BRIC (pour Brésil, Russie, Inde et Chine) eurent à lutter contre les capitaux spéculatifs venant rechercher sur leurs marchés des taux que les nations déclinantes ne pouvaient plus offrir. La Chine parvenait encore à retirer son épingle du jeu, retrouvant un taux de croissance d’avant-crise. Sa situation n’était pas simple cependant, cherchant sa voie à tâtons entre les pesanteurs bureaucratiques du communisme d’antan et l’aventurisme du capitalisme sauvage. « Traverser le gué en s’assurant d’une pierre à la fois », avait dit Deng Xiaoping, à l’époque où il inaugurait la nouvelle politique. Mais le gué devient traître avec la pluie qui grossit le flot.
Et les peuples dans tout cela ? L’année se terminait sous le signe de leur rébellion. Le 6 mai, le passage en boucle sur les écrans des salles de marché du spectacle des émeutes en Grèce avait provoqué aux États-Unis un « krach-éclair ». Les Français avaient manifesté en masse et à plusieurs reprises à l’automne. Les Anglais, dont on admirait jusque-là la placidité, manifestaient eux aussi contre la suppression brutale de l’État-Providence par David Cameron à la tête d’un gouvernement de coalition dirigé par les Conservateurs. En Espagne, la grève des contrôleurs aériens conduisait à déclarer l’état d’urgence. Aux États-Unis, les familles dont le logement était menacé de saisie, se rebiffaient à la faveur d’une confusion née d’un double système d’enregistrement des titres de propriété. Enfin, l’Europe des gouvernants se mettait à trembler devant les appels à la révolution et à sa mise en œuvre par la panique bancaire, que lançait Éric Cantona, gloire du football international. Il rejoignait à la même époque dans la catégorie des modernes Robin des Bois, Julian Assange, le fondateur de Wikileaks qui provoquait de son côté la panique dans la diplomatie internationale en diffusant 250 000 messages échangés entre les ambassades américaines et leur Département d’État, révélant en particulier que ce dernier, rivalisant désormais avec la CIA et la NSA, se consacrait tout entier et à plein temps à l’espionnage.
En 2010, les dépenses occasionnées par la crise : sauvetage du secteur bancaire, relance, ajoutées au manque à gagner dû à la récession, ont entraîné les États à la suite de leur secteur bancaire. On se retrouvait dans une situation ubuesque où les banques détenaient de la dette d’État dépréciée en raison de l’aide et de la garantie que les États leur offraient, chacun tirant l’autre par le fond. Où cela s’arrêtera-t-il ?
(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.
Ce collectif autunois a été crée le 22 Octobre 2010 par des autunois qui sont des syndicalistes, des personnes oeuvrant socialement ou de simples citoyens.Le but de ce collectif est de ne plus laisser une poignée de nos dirigeants supprimer nos acquis sociaux.C'est aussi refuser de supprimer à court terme notre système de retraite par répartition et de le livrer à la capitalisation.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un collectif de résistance au système capitaliste.
mardi 4 janvier 2011
La bulle Facebook, retour vers l'an 2000!
Une énorme bulle spéculative est en train de grossir sous nos yeux, avec Facebook, valorisé, dit-on, plus de 42 milliards de dollars. Le plus étonnant est l’irresponsabilité des médias et des analystes, complètement aveuglés par la « valeur » qui renouent avec les erreurs du début des années 2000.
C’est le chiffre le plus étonnant de cette fin d’année. Facebook vaudrait, dit-on, 42,3 milliards de dollars, Pour donner un ordre d'idée, la capitalisation de Renault est de 16 milliards de dollars environ. On nous dira: certes, Renault, c’est gros, mais cela ne gagne pas d’argent. Le problème, c’est que Facebook n’en gagne pas non plus ! La seule indication donnée par la société internet qui n’est pas cotée, et donc n’a pas à publier ses comptes, c’est un chiffre d’affaires. Il est de moins de 1 milliard de dollars. On nous promet qu’il doublera dans l’année qu’il vient.Probable, mais quels sont, ou seront, les profits ? Mystère. En 2009, Facebook promettait des bénéfices en 2010. La seule déclaration qu’on retrouve sur le Net, c’est qu’au début de l’année 2010, le compte bancaire de Facebook était enfin "positif". La trésorerie est positive, donc, mais cela ne dit rien d’un résultat net avant impôt !
Pour ceux qui se souviennent de la bulle des nouvelles technologies, la valorisation de Facebook ressemble exactement aux bobards des années 2000, lorsqu’on comptait sur les bénéfices éventuels à venir pour porter aux nues tout ce qui était numérique, même si c’était chimérique, et vilipender le « brik and mortar », la vieille industrie, afin d'attirer les liquidités en mal de placement les plus juteux possibles. La bulle avait explosé en quelques années. On pensait alors la leçon, selon laquelle "les arbres ne montent pas jusqu'au ciel" apprise.
Même les journaux sérieux semblent frappés d’amnésie: en août le FT estimait Facebook à 33,7 milliards de dollars en août, dans un article qui ne mentionne ni les profits, ni les pertes, alors que l’action Facebook s’échange dans des transactions non régulées. On ne connaît même pas les flux (ou volumes) de transactions ! Bonjour le conseil aux investisseurs.
Le meilleur est arrivé lorsque la folie Facebook s’est emparée des « marchés » après un déjeuner entre Marc Zuckergerg, fondteur du réseau social et Steve Jobs, patrons d’Apple. On sait seulement que les deux patrons ont parlé de partenariat. Mais un analyste d’une banque danoise d’investissement, Saxo Bank http://www.cnbc.com//id/38844426, a échafaudé le scénario tout à fait hypothétique d’un rachat de Facebook par Apple. Grosso mode : Apple veut un partenariat avec Facebook, mais celui-ci refuse, alors Jobs qui veut absolument la technologie et les 650 millions de visiteurs uniques mensuels de Facebook lance une OPA. Apple est très riche puisqu'il dispose de 51 milliards de dollars de cash. Saxo Bnak en conclut que Apple paierait jusqu'à 51 milliards de dollars pour Facebook. En conséquence de quoi, le titre devrait monter jusqu’à ce que la capitalisation (supposée, puisque "over the counter")) de Facebook atteigne cette somme ! Et Saxo Bank a le culot d’affirmer que son idée est totalement farfelue, mais que c’est justement pour ça que cela peut arriver !
A ce niveau de spéculation, ce n’est plus une bulle, c’est une énorme arnaque intellectuelle ! Il pourrait d’ailleurs y avoir arnaque tout court, puisque la SEC (gendarme des marchés américains) a ouvert une enquête. La bulle Facebook en entraîne d’autres. Il paraît que la meilleure affaire de l'année serait non pas Facebook, mais Twitter…
Je souhaite aux amis d'Antibobards de faire un réveillon à tout casser, car 2011 s'annonce terrible...
http://www.marianne2.fr/hervenathan/La-bulle-Facebook-retour-vers-l-an-2000_a70.html
C’est le chiffre le plus étonnant de cette fin d’année. Facebook vaudrait, dit-on, 42,3 milliards de dollars, Pour donner un ordre d'idée, la capitalisation de Renault est de 16 milliards de dollars environ. On nous dira: certes, Renault, c’est gros, mais cela ne gagne pas d’argent. Le problème, c’est que Facebook n’en gagne pas non plus ! La seule indication donnée par la société internet qui n’est pas cotée, et donc n’a pas à publier ses comptes, c’est un chiffre d’affaires. Il est de moins de 1 milliard de dollars. On nous promet qu’il doublera dans l’année qu’il vient.Probable, mais quels sont, ou seront, les profits ? Mystère. En 2009, Facebook promettait des bénéfices en 2010. La seule déclaration qu’on retrouve sur le Net, c’est qu’au début de l’année 2010, le compte bancaire de Facebook était enfin "positif". La trésorerie est positive, donc, mais cela ne dit rien d’un résultat net avant impôt !
Pour ceux qui se souviennent de la bulle des nouvelles technologies, la valorisation de Facebook ressemble exactement aux bobards des années 2000, lorsqu’on comptait sur les bénéfices éventuels à venir pour porter aux nues tout ce qui était numérique, même si c’était chimérique, et vilipender le « brik and mortar », la vieille industrie, afin d'attirer les liquidités en mal de placement les plus juteux possibles. La bulle avait explosé en quelques années. On pensait alors la leçon, selon laquelle "les arbres ne montent pas jusqu'au ciel" apprise.
Même les journaux sérieux semblent frappés d’amnésie: en août le FT estimait Facebook à 33,7 milliards de dollars en août, dans un article qui ne mentionne ni les profits, ni les pertes, alors que l’action Facebook s’échange dans des transactions non régulées. On ne connaît même pas les flux (ou volumes) de transactions ! Bonjour le conseil aux investisseurs.
Le meilleur est arrivé lorsque la folie Facebook s’est emparée des « marchés » après un déjeuner entre Marc Zuckergerg, fondteur du réseau social et Steve Jobs, patrons d’Apple. On sait seulement que les deux patrons ont parlé de partenariat. Mais un analyste d’une banque danoise d’investissement, Saxo Bank http://www.cnbc.com//id/38844426, a échafaudé le scénario tout à fait hypothétique d’un rachat de Facebook par Apple. Grosso mode : Apple veut un partenariat avec Facebook, mais celui-ci refuse, alors Jobs qui veut absolument la technologie et les 650 millions de visiteurs uniques mensuels de Facebook lance une OPA. Apple est très riche puisqu'il dispose de 51 milliards de dollars de cash. Saxo Bnak en conclut que Apple paierait jusqu'à 51 milliards de dollars pour Facebook. En conséquence de quoi, le titre devrait monter jusqu’à ce que la capitalisation (supposée, puisque "over the counter")) de Facebook atteigne cette somme ! Et Saxo Bank a le culot d’affirmer que son idée est totalement farfelue, mais que c’est justement pour ça que cela peut arriver !
A ce niveau de spéculation, ce n’est plus une bulle, c’est une énorme arnaque intellectuelle ! Il pourrait d’ailleurs y avoir arnaque tout court, puisque la SEC (gendarme des marchés américains) a ouvert une enquête. La bulle Facebook en entraîne d’autres. Il paraît que la meilleure affaire de l'année serait non pas Facebook, mais Twitter…
Je souhaite aux amis d'Antibobards de faire un réveillon à tout casser, car 2011 s'annonce terrible...
http://www.marianne2.fr/hervenathan/La-bulle-Facebook-retour-vers-l-an-2000_a70.html
Retraites : vous manifestiez, j’en suis fort aise Et bien payez maintenant !
Les institutions majeures du système de retraites complémentaires, Agirc-Arrco et Prefon sont menacées dans leurs équilibres. A moyen terme, il faudra soit payez davantage de cotisations, soit verser des pensions réduites. Dire qu’Eric Woerth avait promis qu’on ne ferait ni l’un ni l’autre!
Souvenez vous du débat sur la réforme des retraites : le gouvernement avait assuré à de multiples reprises qu’il ne ferait pas le choix de la hausse des cotisations ni celui de la baisse des pensions. Il avait oublié (c’est une litote) de mentionner les régimes complémentaires, qui sont loin d’être anecdotiques.
Commençons par la Prefon, qui est un régime de retraite par capitalisation volontaire des fonctionnaires. Les Echos de ce matin nous informent qu’il va falloir renflouer ses caisses. Explication : le rendement des placements de la Prefon est inférieur à ce qui est nécessaire pour servir les rentes futures des fonctionnaires. Il va falloir trouver plusieurs centaines de millions d’euros, un « trou » non négligeable lorsqu’on le rapporte au montants des actifs (9,6 milliards). Pour le moment les grands assureurs qui gèrent la Prefon assumeront la charge financière. Mais le débat s’élargira forcément sur la valeur de rachat des rentes (donc soit une augmentation de la cotisation, soit une baisse de la pension), pour assurer durablement l’équilibre du système. Il se pourrait bien qu’au grand dam des 370000 fonctionnaires qui cotisent actuellement (pour 91000 retraités), la Prefon puisse un jour futur perdre son statut de fonds « à prestations définies », qui comme son nom l’indique assure une pension d’un certain montant pour se transformer en régime « à cotisations définies », qui ne garantit donc plus un niveau de rente. On aimerait savoir ce qu’en pensent le ministre du Travail (un assureur du nom de Xavier Bertrand) et les partisans des retraites par capitalisation…
Venons en au plus important : les régimes complémentaires, Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés). Les partenaires sociaux qui les gèrent entameront les négociations le 6 janvier. Selon la CGC le besoin de financement nécessaire après la réforme s’élève à 46,8 milliards d’euros pour la période 2010-2040 et jusqu’à 53 milliards selon Marc Landré du Figaro, qui titre "les réformes Woerth insuffisantes". Bel aveu!
Toujours selon la CGC (lire son magazine « Encadrement » de novembre-décembre), le choix pour l’Agirc sont les suivants : réduction de 20% des pensions d’ici 2030, ou âge de la retraite repoussé de 62 ans à 65 ans en 2029, ou augmentation de la cotisation de 1,05 point immédiatement!
Dire que le gouvernement nous avait juré que les retraites étaient sauvées jusqu’en 202. L'illusion aura duré....6 mois!
Rédigé par Hervé Nathan http://www.marianne2.fr/hervenathan/Retraites-vous-manifestiez-j-en-suis-fort-aise-Et-bien-payez-maintenant-_a69.html
Souvenez vous du débat sur la réforme des retraites : le gouvernement avait assuré à de multiples reprises qu’il ne ferait pas le choix de la hausse des cotisations ni celui de la baisse des pensions. Il avait oublié (c’est une litote) de mentionner les régimes complémentaires, qui sont loin d’être anecdotiques.
Commençons par la Prefon, qui est un régime de retraite par capitalisation volontaire des fonctionnaires. Les Echos de ce matin nous informent qu’il va falloir renflouer ses caisses. Explication : le rendement des placements de la Prefon est inférieur à ce qui est nécessaire pour servir les rentes futures des fonctionnaires. Il va falloir trouver plusieurs centaines de millions d’euros, un « trou » non négligeable lorsqu’on le rapporte au montants des actifs (9,6 milliards). Pour le moment les grands assureurs qui gèrent la Prefon assumeront la charge financière. Mais le débat s’élargira forcément sur la valeur de rachat des rentes (donc soit une augmentation de la cotisation, soit une baisse de la pension), pour assurer durablement l’équilibre du système. Il se pourrait bien qu’au grand dam des 370000 fonctionnaires qui cotisent actuellement (pour 91000 retraités), la Prefon puisse un jour futur perdre son statut de fonds « à prestations définies », qui comme son nom l’indique assure une pension d’un certain montant pour se transformer en régime « à cotisations définies », qui ne garantit donc plus un niveau de rente. On aimerait savoir ce qu’en pensent le ministre du Travail (un assureur du nom de Xavier Bertrand) et les partisans des retraites par capitalisation…
Venons en au plus important : les régimes complémentaires, Agirc (cadres) et Arrco (tous salariés). Les partenaires sociaux qui les gèrent entameront les négociations le 6 janvier. Selon la CGC le besoin de financement nécessaire après la réforme s’élève à 46,8 milliards d’euros pour la période 2010-2040 et jusqu’à 53 milliards selon Marc Landré du Figaro, qui titre "les réformes Woerth insuffisantes". Bel aveu!
Toujours selon la CGC (lire son magazine « Encadrement » de novembre-décembre), le choix pour l’Agirc sont les suivants : réduction de 20% des pensions d’ici 2030, ou âge de la retraite repoussé de 62 ans à 65 ans en 2029, ou augmentation de la cotisation de 1,05 point immédiatement!
Dire que le gouvernement nous avait juré que les retraites étaient sauvées jusqu’en 202. L'illusion aura duré....6 mois!
Rédigé par Hervé Nathan http://www.marianne2.fr/hervenathan/Retraites-vous-manifestiez-j-en-suis-fort-aise-Et-bien-payez-maintenant-_a69.html
lundi 3 janvier 2011
USURE N’EST POINT ART, GENS !... ou le vol légalisé.
L’orfèvre, dans notre histoire, devenu personna grata mais surtout « bancusurier » pour la circonstance, ne s’estima pas heureux malgré les gains obtenus sans effort et par l’intermédiaire de biens qui ne lui appartenaient pas.
Il jugea que le manque à gagner était important en raison du reversement d’une partie de l’usure à ses déposants, complices dans l’immoralité et l’obscénité.
Il mit donc en branle un projet funeste pour les autres mais bénéfique pour lui-même après avoir compris que la clé de son système ne reposait, en réalité, que sur deux piliers fondamentaux, à peine croyables, autrement plus affolants et sur lesquels les hommes auraient mieux fait de se pencher tant ils étaient évanescents :
— la confiance relative que faisaient les épargnants à leur banquier,
— le secret du dépôt.
Notre orfèvre, éminemment intelligent sinon moins bête que les autres, misa sur la connaissance qu’il avait de la cupidité des hommes pour faire respecter son premier principe. Aussi usa-t-il de stratagèmes comme le mensonge, la diplomatie, la rumeur afin d’entretenir sa bonne renommée et faire grandir la foi que les épargnants avaient en lui, foi préservée également par la duplicité et l’appât du gain de chacun.
Concernant les dépôts, il était le seul à en connaitre la quantité, le seul à savoir avec exactitude combien il y avait d’or dans son coffre, le seul à en déterminer la provenance mais aussi la destination. Il comptait bien ne jamais partager son secret avec personne sachant qu’un secret connu de mille n’en serait plus un. Ne se disait-il pas, afin de s’imposer silence : « Si mes cheveux suspectaient ce qui se trame dans ma tête, je n’hésiterai pas à les couper sur le champ ! » ?
L’astucieux banquier misait également sur toutes les bassesses humaines et les mettait à son service comprenant qu’aucun épargnant ne soufflerait mot de son dépôt à son compagnon de fortune, par peur soit de la jalousie, soit de l’envie, soit du mauvais œil.
Ainsi établit-il son plan machiavélique sous-tendu par les « caractères » négatifs de l’homme. Néanmoins, en préalables, il avait su faire valoir sur le marché les reçus distribués à ses épargnants en échange du dépôt. D’aucuns les utilisèrent avec enthousiasme parce que, pensaient-ils, le papier, contrairement à l’or ne suscitait pas la convoitise du voleur. En outre, un reçu était moins lourd à porter qu’une bourse d’or.
Le négoce, utilisant le système du prêt induit par le banquier, prit une grande importance et fit tourner la machine économique locale.
Les emprunteurs se bousculèrent à la porte de l’orfèvre. La demande étant forcément supérieure à l’offre, ce dernier ne put satisfaire ses clients tant il était limité par la quantité d’or en dépôt.
Aussi, le plan inspiré par le diable, consista-t-il à émettre plus de reçus que de matière en coffre.
Et l’inflation fut… mais le marasme aussi !
Etant le seul à connaitre le secret de la chambre jaune, notre homme ne se soucia point de son futur, confiant dans le fait que ses épargnants ne viendraient jamais réclamer leur or tous en même temps.
C’est ainsi que le « bancusurier » donna naissance au « bankster ». Ce dernier fit des bénéfices monstrueux lesquels gonflèrent son ego. Il avait de quoi persiffler, au demeurant, puisqu’il réussit le tour de force consistant à créer de l’argent à partir de… rien, ex nihilo, à partir du vent, bernant ainsi la population pendant des années sans que celle-ci ne s’en doute.
Le brigand, converti en honorable citoyen parce que riche, en homme d’affaires, respectable mais peu respectueux, avait ajouté à l’usure et à l’abus de confiance, l’escroquerie.
Ce qui est impressionnant dans l’histoire c’est qu’elle fut à grande échelle divisant ainsi la population en « élites », qu’en réalité nous devrions appeler « nantis » et le vulgum constitué par la majorité pauvre et servile parce que criblée de dettes.
Opulent, arrogant, le truand, en émettant de la « fausse monnaie », en créant l’inflation engendra son corollaire qu’est l’augmentation des prix à telle enseigne qu’il fit grimper les taux de l’usure pratiqués ce qui engendra un dérèglement du marché local.
Néanmoins, la moralité existait encore.
Le comportement du banquier choqua plus d’un. Surtout lorsqu’on apprit qu’il créait un argent inexistant, en réalité.
Aussi les déposants vinrent-ils retirer leur dû… tous en même temps et exigèrent non plus du papier mais de l’or, celui qu’ils avaient prêté ce qui ruina le vieil homme d’affaires et mit fin à son funeste et morbide tour de passe-passe.
Toutefois, bien qu’immorale et illégale, la technique avait néanmoins relancé l’économie. Ainsi fut-elle adoptée, mais codifiée… nous dit-on ! En somme, et en y voyant de plus près on constate qu’à travers les siècles, l’économie européenne n’a pris de l’essor qu’à partir d’une base pipée au départ parce que fondée sur l’escroquerie, la corruption et le mensonge ressemblant, à quelques variantes près, à la pratique de la prostitution pourtant décriée mais légalisée parce qu’elle remplit les caisses du fisc.
Aujourd’hui le système est encore plus pervers. Ce ne sont plus les Etats qui créent un argent proportionnel à leurs possibilités matérielles. Cette pratique est totalement révolue, le pouvoir ayant été transmis aux banques qui, elles, « créent » l’argent mais seulement à partir du prêt et non de l’or en réserve.
En pratique, lorsque, aujourd’hui, vous faites un emprunt à la banque, celle-ci génère automatiquement l’argent qui vous est nécessaire. Mais, ne nous y trompons pas. Bien que vous jouissiez de l’emprunt, l’argent n’existe pas en réalité. C’est-à-dire qu’il n’est aucunement matériel mais scripturale donc totalement fictif, inexistant. On vous a prêté du vent même si vous avez bénéficié d’un bien ou d’un service. Vous serez appelé, néanmoins, à payer des intérêts bien réels, eux, qui s’ils ne sont pas satisfaits risqueraient de vous faire perdre ce que vous avez acheté.
A ce stade, puisque la Banque privée a le droit de créer un argent qui n’existe pas, quelle est la différence entre elle et un faussaire qui en fait autant ?
Il y en a une pourtant et elle est de taille. Le faussaire ne nuit qu’à ceux qui ont hérité de sa fausse monnaie lorsqu’elle est reconnue, tandis que le banquier nuit à tous sans qu’ils ne s’en aperçoivent.
Sommes-nous plus heureux dans ce système ?
Oui… comme ceux qui semblent l’être en se droguant et qui s’aperçoivent quelques années plus tard que tous leurs organes ont été corrompus par la substance nocive qu’ils absorbaient.
Vous pensiez, cher lecteur, tout comme moi d’ailleurs, que l’emprunt que l’on vous faisait n’était in fine qu’un acte de solidarité parce que votre voisin avait fait un dépôt en banque ?
Eh bien vous vous êtes trompé… ou plutôt… on vous a trompé !
Votre emprunt résulte à partir de « rien », ce rien créé par la banque.
Celle-ci, en vérité, ne vous a prêté aucun argent. Elle en a créé au contraire sur une base inexistante. Sachant toutefois que votre achat se fera également à partir d’une autre banque qui utilisera le même principe que la précédente.
Ainsi le système, ingénieux sans aucun doute, est un circuit fermé du fait de la complicité de toutes les banques assujetties à un précepte fallacieux, pervers et pernicieux.
Plus extravagant encore : saviez-vous que les États-Unis se déchargeaient de la création de la monnaie sur une banque privée et que celle-ci leur vendait leur propre argent en percevant un intérêt substantiel ?
Comique n’est-ce pas ?
Imaginez que vous êtes détenteur d’une grosse fortune et que vous déléguiez tous vos pouvoirs à un fondé. Imaginez encore que désirant faire une transaction en utilisant une monnaie matérialisée par des billets votre administrateur vous en prête moyennant un intérêt pris sur votre propre argent et empoché par votre homme, dit, de confiance ?
Qu’en penseriez-vous ?
C’est pourtant bien ce qu’il se passe aujourd’hui.
A vous d’y croire encore !
Pas moi !
De : Makhlouq
mardi 4 janvier 2011 http://bellaciao.org/fr/spip.php?article112165
dimanche 2 janvier 2011
Brice Hortefeux reçoit une «golden carotte» pour l'ensemble de son oeuvre
Scorbut, une association regroupant des caricaturistes de renom tels que Cabu, Delambre, Kerleroux, Pétillon ou Wozniak, a décerné son premier prix Scorbut ou "golden Carotte" au ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, pour "l'ensemble de son oeuvre".
Scorbut relève particulièrement le fait d'"avoir voulu bouter les Roms et les routes inclinées hors de Gaule", d'avoir "tenté d'instituer des fichiers d'+empreintes génitales+" et de "s'être fait condamner à deux reprises en quelques semaines".
Scorbut a décerné sa Carotte d'argent à Eric Woerth, pour "avoir brillé sur tous les fronts", dont "la réforme des retraites, l'affaire Bettencourt, l'hippodrome de Compiègne".
La Carotte de bronze est allée à Jérôme Kerviel "pour avoir porté la culotte la plus chère de l'histoire de la finance".
Enfin "The carotte" ou "carotte par définition", revient à François-Marie Banier, "lequel s'est fait carotter la moitié du milliard qu'il avait réussi à soutirer à Liliane Bettencourt".
L'ancien ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo, a obtenu "le jus de carotte" pour avoir "dû se contenter d'un radis (bio) après avoir vu miroiter de très près la carotte de Matignon".
Le site de Scorbut, www.scorbut.eu, publie tous les mercredis des caricatures sur l'actualité réalisées par les membres de cette association, créée en 1998.
http://www.liberation.fr/politiques/01012311048-brice-hortefeux-recoit-une-golden-carotte-pour-l-ensemble-de-son-oeuvre
samedi 1 janvier 2011
VŒUX DE L'AN 2011 LE MONARQUE A HARANGUE LES MULTITUDES
Donnés à L'Elysée le 31 du mois de Décembre 2010 à 20 heures sur les ondes et les lucarnes.
ENREGISTRE EN TEMPS D'HIVER ET DE GRAND FROID.
NICOLEON, PAR LA GRACE DE DIEU, ROY DE FRANCE ET DE NAVARRE : A tous présents et à venir ; SALUT…
J'ai parlé et j'ai donné ma bénédiction à la retraite à 62 ans pour les taux plein et à 67 ans pour les "trainards", urbi et orbi.
Celle-ci a été publiée dans le journal officiel, en guise d'étrennes, le 31 décembre à vingt-trois Heures cinquante neuf minutes, cinquante neuf secondes et neuf dixième de l'an 2010.
En ce doux pays de France et Navarre, avec ma bien-aimée, Carla, je souhaite à tous les français de la sueur et des larmes en 2011.
Il faut que le peuple se rachète des fautes commises par mes amis banquiers durant les années où ils ont multiplié les petits pains dividendes à foison.
J'annoncerai par édit, bientôt, de nouvelles mesures pour faire face à la disette de mes amis du "Fouquets": de nouvelles injonctions concerneront des restrictions à faire en matière de santé.
Je proposerai des mesures radicales: il faut que les pauvres fassent preuve de sagesse par ces temps si difficiles pour les élites du CAC 40 qui guerroient dans toutes les contrées du monde pour que le bon peuple mange à sa faim.
Pour ce faire, je publierai en 2011 un édit concernant l'hôpital: il est des plus inconvenant de voir cohabiter dans les mêmes lieux les gueux et les personnes de qualité. Désormais les hôpitaux publics redeviendront des asiles et l'appellation "hôpital" sera réservé à ceux qui ont des espèces sonnantes et trébuchantes. L'hôpital sera alors sous le contrôle de mes amis assureurs et notamment de celui qui me semble être le plus à même de contrôler les entrées et les sorties, le dénommé Denis Kessler qui bourdonna en son temps qu'il fallait en finir avec les principes collectivistes de l'an 45.
J'ai requis, ce vendredi soir, à 20 heures, tous les manants et manantes, afin que cette année de l'an 2011 soit marquée par la tranquillité dans les chaumières et dans les ruelles. Je n'ai pas apprécié et je considère comme un crime de lèse-majesté, tous ces braillards et ces porteurs de pancartes qui ont fustigé mes ordonnances en matière de retraite.
J'ai demandé à mes gens, Hortefeux et Fillon, de tous mettre en œuvre pour que la paix règne en royaume de France et que rien ne trouble l'avidité du capital.
J'irai dans le courant de l'année prier à Lourdes pour que mes amis du CAC 40 retrouvent toutes les libertés d'exploiter et de camoufler leurs bénéfices dans les iles.
J'ai fait dire des messes un peu partout dans le monarchie pour mes amis qui ont actuellement à faire face à la vindicte des populaces et en particulier mon complice Woerth, qui ne se contentait pas de tenir mon bénitier mais aussi mes quêtes.
En fin d'année, je ferai le point et je verrai si je dois renoncer à mon trône et le confier à un régent: je pense en particulier à un courtisan du capital qui m'est très cher, le duc du FMI, Strauss-Kahn.
Oyez-oyez… bon peuple de France… rappelez-vous ma harangue de 2007: "travaillez plus-pour gagner plus".
J'ai décidé pour l'an 2011 d'améliorer cette exhortation et de vous adjurer "de travailler plus pour le roi de Prusse".
Fait devant moi, Nicoléon 1er, le vendredi de l'an 2010, au crépuscule de l'année dans ma mansarde de l'Elysée et ce faisant, ordonné que cet édit soit imprimé ou remis sur le net afin que personne n'en ignore l'existence et requiert les gens d'armes d'Hortefeux de le placarder aux portes des églises, des mosquées et jusque dans mes pénates télévisuelles auprès des mes chantres: Signé Nicoléon.
Texte d' humour de Bernard LAMIRAND disponible et copiable sans droit d'auteur. http://ber60.over-blog.com/article-voeux-de-nicoleon-64070324.html
Le peuple Estonien a payé l’adhésion à l’Euro au prix fort
L’Estonie paye son entrée le 1er janvier dans la zone Euro au prix fort avec un plan d’austérité draconien
En dépit de la crise profonde dans laquelle elle est plongée depuis 2009, la petite République balte d’Estonie adopte la monnaie unique ce 1er janvier 2011. A cette fin, les autorités ont mis en place des mesures draconiennes qui ont réduit à la pauvreté une partie importante de la population.
Prenant prétexte de la crise mondiale, le gouvernement de centre-droite, dirigé par le premier-ministre Andrus Ansip, a imposé le licenciement de milliers de fonctionnaires et une diminution des salaires des travailleurs du secteur public de 10%. Suivant l’exemple du public, le secteur privé est même allé plus loin en parvenant à réduire en moyenne les salaires de 15%.
Les dépenses publiques ont également été réduites de 20%, en partie au prix d’une diminution du montant des retraites et du recul de l’âge de départ à la retraite de 63 à 65 ans. Les couches les plus défavorisées ont même eu à supporter l’augmentation de la TVA de 18 à 20%, tandis que les travailleurs ont perdu le peu de sécurité de l’emploi qui leur restait.
En effet, la réforme du droit du Travail a libéralisé les licenciements, devenus sans obligations et gratuits pour le patronat. Toutefois, il ne faut pas s’imaginer que cela a mené à des créations d’emplois. Au contraire, le chômage a explosé, jusqu’à atteindre les 18% de la population active et, dans les régions russophones, les 25%. Et cela malgré le fait que soit maintenu un salaire minimum de misère qui tourne autour des 245 euros mensuels.
Pour les entreprises, le gouvernement a multiplié les cadeaux, les exonérant dans la pratique du paiement d’impôts sur les bénéfices, puisqu’il leur permet de déduire d’impôts les sommes réinvesties.
Ainsi, le 17ème membre de la zone euro s’enorgueillit de présenter des finances assainies, avec un déficit de seulement 1,7% du PIB et une dette publique de 7,2%, bien que le revers de la médaille soit une économie retombée aux niveaux de 2005 (- 14,1% en 2009) et encore loin d’une véritable reprise.
Voilà pourquoi le sentiment de satisfaction des gouvernants n’est pas partagé par une partie importante de la population, qui voit d’un mauvais œil l’adhésion à la monnaie européenne.
Un sondage publié mi-décembre indique que les près de 1,3 millions d’estoniens sont divisés quant à leur appréciation de l’euro : 49% affirment y être favorables, tandis que 43% le rejettent, craignant de nouvelles augmentations des prix et de plus grandes difficultés pour survivre.
Article d’Avante, hebdomadaire du PC Portugais, numéro du 30 décembre
De : Solidarité-Internationale-PCF http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
samedi 1er janvier 2011
En dépit de la crise profonde dans laquelle elle est plongée depuis 2009, la petite République balte d’Estonie adopte la monnaie unique ce 1er janvier 2011. A cette fin, les autorités ont mis en place des mesures draconiennes qui ont réduit à la pauvreté une partie importante de la population.
Prenant prétexte de la crise mondiale, le gouvernement de centre-droite, dirigé par le premier-ministre Andrus Ansip, a imposé le licenciement de milliers de fonctionnaires et une diminution des salaires des travailleurs du secteur public de 10%. Suivant l’exemple du public, le secteur privé est même allé plus loin en parvenant à réduire en moyenne les salaires de 15%.
Les dépenses publiques ont également été réduites de 20%, en partie au prix d’une diminution du montant des retraites et du recul de l’âge de départ à la retraite de 63 à 65 ans. Les couches les plus défavorisées ont même eu à supporter l’augmentation de la TVA de 18 à 20%, tandis que les travailleurs ont perdu le peu de sécurité de l’emploi qui leur restait.
En effet, la réforme du droit du Travail a libéralisé les licenciements, devenus sans obligations et gratuits pour le patronat. Toutefois, il ne faut pas s’imaginer que cela a mené à des créations d’emplois. Au contraire, le chômage a explosé, jusqu’à atteindre les 18% de la population active et, dans les régions russophones, les 25%. Et cela malgré le fait que soit maintenu un salaire minimum de misère qui tourne autour des 245 euros mensuels.
Pour les entreprises, le gouvernement a multiplié les cadeaux, les exonérant dans la pratique du paiement d’impôts sur les bénéfices, puisqu’il leur permet de déduire d’impôts les sommes réinvesties.
Ainsi, le 17ème membre de la zone euro s’enorgueillit de présenter des finances assainies, avec un déficit de seulement 1,7% du PIB et une dette publique de 7,2%, bien que le revers de la médaille soit une économie retombée aux niveaux de 2005 (- 14,1% en 2009) et encore loin d’une véritable reprise.
Voilà pourquoi le sentiment de satisfaction des gouvernants n’est pas partagé par une partie importante de la population, qui voit d’un mauvais œil l’adhésion à la monnaie européenne.
Un sondage publié mi-décembre indique que les près de 1,3 millions d’estoniens sont divisés quant à leur appréciation de l’euro : 49% affirment y être favorables, tandis que 43% le rejettent, craignant de nouvelles augmentations des prix et de plus grandes difficultés pour survivre.
Article d’Avante, hebdomadaire du PC Portugais, numéro du 30 décembre
De : Solidarité-Internationale-PCF http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
samedi 1er janvier 2011
Islande, la révolution silencieuse

Quand l’Islande réinvente la démocratie
l’Assemblée constituante a été élue en novembre
Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part. Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.
Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des jeysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées. Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.
Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome. En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule. Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.
Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue. Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants.
Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.
Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.
Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.
On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.
Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.
Cet article se voudrait un appel à qui aurait plus d’informations sur cette extraordinaire histoire islandaise. On peut écrire à l’auteur : michelsitbon@gmail.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , ou moi-même, et je relayerai avec plaisir.
Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.
Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.
Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.
C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.
Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.
Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.
http://www.parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html
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