A-t-on atteint "le summum de l'immoralité politique" ? Souvenez-vous, c'était le 2 mai 2007, pendant le débat du second tour entreNicolas Sarkozy et Ségolène Royal. La candidate socialiste s'emportait à propos de la scolarisation des handicapes car Sarkozy avait trouvé scandaleux que certains ne puissent pas être scolarisés faute de crédits suffisant alors que le gouvernement auquel il avait participé avait plutôt eu tendance à les diminuer.
Si, ce soir-la, Royal s'était trompée (le nombre d'enfants handicapes scolarises avait augmenté, même sous Chirac), l'échange avait constitué le temps fort du débat. Et Nicolas Sarkozy avait fait une promesse : "Je veux dire à toutes les familles (...) que je ferai une place à chacun de leurs enfants dans les écoles". C'est ainsi que la scolarisation des enfants handicapés devint une priorité nationale.
Sauf que trois ans plus tard, Le Canard enchaîné du 24 novembre 2010 révèle que le gouvernement a diminué les crédits pour scolariser les enfants handicapés avec pour conséquence immédiate la fin de la scolarisation à de nombreux enfants.
Fonctionnement du système de scolarisation des enfants handicapés
Depuis la loi du 11 février 2005 sur l'égalité des chances, la scolarisation des enfants handicapés en milieu scolaire"ordinaire", c'est-à-dire dans les établissements classiques, est devenu un droit ordinaire. Depuis cette loi, dans chaque département, une Maison des enfants handicapés confie à une commission d'experts le soin d'évaluer les besoins d'un enfant. Le dossier est ensuite transmis à l'Education nationale, qui doit mettre à disposition un auxiliaire pour l'accompagnement scolaire. Voilà le principe de la scolarisation des enfants handicapés, tel qu'il est défini par cette loi.
Le flou administratif qui encadre le statut des auxiliaires de vie scolaire
Si le texte de loi est précis, la mise en œuvre de cette mesure est beaucoup plus floue, tout simplement parce que le statut d'auxiliaire de vie scolaire (AVS) chargé d'assurer l'accompagnement des handicapés n'est pas défini : il s'agit parfois de CDD payé au smic horaire, d'autres sont recrutés par Pole Emploi et ont le statut d'assistants d'éducation (non-titulaire de la fonction publique). Dans d'autres cas, l'AVS est sous contrat-aidé ("contrat d'insertion", "contrat d'accompagnement à l'emploi").
Ce flou administratif a pour première conséquence un turn-over très élevé qui empêche souvent l'enfant de s'habituer à son accompagnateur. Autre problème du système : dans cette jungle administrative, il est impossible d'avoir une gestion rationnelle des AVS et une vision globale du dispositif. Et cette opacité tombe plutôt bien au moment où le gouvernement décide de bloquer les crédits alors que la demande explose. Aujourd’hui, il est impossible d'avoir le chiffre exact des élèves handicapés déscolarisés à cause de la recherche d’économies.
Septembre 2010 : des "milliers d'enfants handicapés" privés d'école
D’après Le Canard enchaîné, "des milliers d'enfants handicapés sont privés d'école depuis la rentrée, en septembre dernier. L'Education nationale a cessé de payer leurs "auxiliaires de vie scolaire", qui les aident en classe, les assistent à la cantine, etc. En Seine-Saint-Denis, 90 enfants attendent une assistance, 200 autres se désolent dans le Finistère, et une cinquantaine se morfondent dans l'Ain. De simples exemples, car aucun chiffre sérieux relatif au nombre des laissés-pour-compte en France n'est avancé, tant par les associations que par le ministère".
Pourquoi tous ces enfants se retrouvent-ils sur le carreau ? Tout simplement parce que l'enveloppe AVS pour 2010 est vide. "Aucun poste n'est plus créé ni renouvelé, et ceux qui existent sont rognés, une heure par-ci, une heure par-là" indique Le Canard. Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat, a reconnu à demi-mots cette situation en expliquant le 9 novembre dernier qu'il existait "des tensions sur le terrain". Une vraie litote pour décrire ce qui est en train de se passer : multiplication des recours auprès des tribunaux administratifs, pétitions, manifestations et gestes désespérés de certaines familles. Le Canard cite l'exemple d'une mère de famille qui s'est menottée à la grille de l'école maternelle de son fils, scolarisé dans l'Ain, car le poste de l'auxiliaire de vie de son enfant avait été supprimé.
Heureusement pour le gouvernement, faute de statistiques globales, il est quasiment impossible de chiffre l’étendue des dégâts. Se risquer à une évaluation comme le fait Le Canard, c’est s’exposer au scepticisme et à l’accusation de parti pris. Du bel ouvrage en matière de com’ gouvernementale.
Faire des économies sur le dispositif des AVS a pourtant une conséquence bien réelle : cela revient à fermer les écoles aux enfants handicapés. Ni plus, ni moins.
Source : Sorj Chalandon, "Ecoles fermées aux handicapés", Le Canard enchaîné n°4700, 24 novembre 2010, page 4
Ce collectif autunois a été crée le 22 Octobre 2010 par des autunois qui sont des syndicalistes, des personnes oeuvrant socialement ou de simples citoyens.Le but de ce collectif est de ne plus laisser une poignée de nos dirigeants supprimer nos acquis sociaux.C'est aussi refuser de supprimer à court terme notre système de retraite par répartition et de le livrer à la capitalisation.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un collectif de résistance au système capitaliste.
samedi 11 décembre 2010
Taxe professionnelle: 9 milliards de cadeau aux entreprises !
La réforme de la taxe professionnelle devait se traduire par un cadeau de 4 milliards d'euros aux entreprises, grévant d'autant le budget de l'Etat. Selon Gilles Carrez, le rapporteur général du budget (UMP), son coût devait plus que doubler pour atteindre 9 milliards: un allégement historique de la pression fiscale sur les entreprises.
Qui veut gagner des milliards ? A ce petit jeu, le Medef sort grand gagnant cette année encore des arbitrages fiscaux du gouvernement. Selon Gilles Carrez (UMP) rapporteur de la commission des Finances de l'Assemblée la réforme de la taxe professionnelle, en fait sa disparition et son remplacement partiel par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), s’annonce comme « un allègement historique de la pression fiscale pesant sur les entreprises ».
Décidé par Nicolas Sarkozy, ce cadeau de 4 milliards d’euros aux entreprises, et parmi elles, les plus grosses ne sont pas les dernières au banquet, devrait plus que doubler pour atteindre 9 milliards d’euros sur 2010. Dans son rapport sur la loi de finance rectificative pour 2010, Gilles Carrez n’y va pas de main morte « cet allègement d’impôt serait d’un montant comparable à celui des baisses cumulées d’impôt sur les sociétés adoptées entre 2000 et 2009 ». Rien que ça.
Autant dire que, du coté des organisations patronales, on savoure la délicate attention. Et l’on tient à conserver son dû. Comme l’a récemment rappelé le Medef, dans un rapport intitulé pudiquement « les réalités de la fiscalité pesant sur les entreprises » pas question de toucher aux niches fiscales et sociales dont bénéficient ses adhérents, ainsi que la cour des comptes y invitait le gouvernement. Autrement dit, pour les économies, prière de puiser dans les portefeuilles des ménages.
bilan final: 5 milliards d'euros en plus contre 150 millions en moins
Le message patronal a semble-t-il était reçu cinq sur cinq à Matignon. En témoigne la seconde délibération demandée fin novembre dernier par le gouvernement. En mission commandée par François Fillon, François Baroin, le ministre du Budget a dû tordre le bras aux députés qui avait adopté à la quasi-unanimité un mode de calcul augmentant de 150 millions d’euros la nouvelle CVAE.
Cette maigre mais juste compensation, 150 millions face aux 4 milliards initialement prévus, qu'ils souhaitaient, les députés ont été contraints de manger leur chapeau et de se dédire lors d’une seconde délibération imposée par le gouvernement. Pour la plus grande fureur de Gilles Carrez, ainsi que de Jérôme Cahuzac (PS), président de la commission des finances, qui avaient prévenu qu’ils n’en resteraient pas là sur le sujet. La mesure, tellement évidente a été finalement reprise et définitivement adoptée par le Sénat lundi dernier, sans que le gouvernement ne bronche cette fois-ci. Il faut dire qu’entre temps, le rapport de Gilles Carrez éclairait d'un nouveau jour l’énormité du cadeau aux entreprises.
Après tout, plus besoin de se battre. À l’issue de l’examen de la loi de finance rectificative (quatrième de l’année), le bilan pour les entreprises est simple. Aux 4 milliards d’euros que leur assurait la réforme de la TP, s’ajoutent 5 autres milliards de bonus desquels il faut déduire le petit effort de 150 millions d’euros. Le meilleur des investissements : 1 euro payé donne 33,3 euros. Vous jouez ?
http://hern.over-blog.com/ext/http://www.marianne2.fr/Taxe-professionnelle-9-milliards-de-cadeau-aux-entreprises-_a200556.html?preaction=nl&id=2935168&idnl=26157&
vendredi 10 décembre 2010
STOP A L’INSECURITE
Face à l’ampleur du phénomène, il faut réagir. A l’abri de la vidéo surveillance, des bandes violentes agissent en toute impunité. Aucun département de France n’est épargné car ces bandes sont très mobiles. Personne n’est à l’abri de leurs méfaits. Chacun peut être confronté à leur violence.
Que fait la justice? Les chefs de ces organisations sont pourtant connus. A l’abri derrière les somptueuses façades de leur conseil d’administration, ils décident tranquillement de votre avenir et de celui de vos enfants : délocalisation, licenciement, précarisation sont leurs armes favorites. Tranquillement ils dérobent les richesses que vous produisez, et détruisent les systèmes de sécurité et solidarité mis en place par nos anciens.
Nous devons respecter le droit des victimes, redonner leur dignité à ces femmes et à ces hommes traités comme de la marchandise au seul nom du profit à tout prix. Pour cela il faut renforcer le contrôle de ces bandes organisées, en créant des groupes spécialisés qui siégeront aux conseils d’administration de ces organisations. La vidéo surveillance des bureaux de ces chefs de bande doit-être envisagée.
Appartenir à une bande qui organise un chantage économique doit être considéré comme un crime et passible de 5 années de prison. Un fichier doit être créé pour décourager les récidivistes et durcir les sanctions à leur égard. Les biens malhonnêtement acquis doivent être restitués à ceux qui les ont véritablement produits. L’organisation de ces bandes qui délocalisent et vivent de subventions de l’Etat doit être considérée comme une association de malfaiteurs.
L’appât du gain les conduit maintenant à s’attaquer aux biens publics. Après avoir fait main basse sur les secteurs de l’énergie, ils rêvent de s’emparer des marchés de l’éducation et de la santé qui représentent plusieurs dizaines de milliards d’euros. Tout est en place pour un des plus grands holdups de l’histoire. Ils ne prennent aucun risque, les pouvoirs publics sont complices et les citoyens ont démissionnés !
Le phénomène des bandes a explosé ces dernières années et devant la passivité des pouvoirs publics nous devons réagir. Oui, il existe des patrons voyous et des actionnaires délinquants agissant en véritables parasites envers la société ... Devons nous nous taire et fermer les yeux ?
Le gouvernement protège tout ce qui touche à la délinquance financière. Pourtant c’est cette délinquance là qui nous plonge dans l’insécurité. En nous maintenant dans la peur ils nous gardent en leurs pouvoirs. La mise en scène au journal de 20H d’un banal fait divers, sert à cacher la véritable violence de notre système économique !
Avant chaque élection on nous explique qu’il faut assurer la sécurité des français, mais jamais un mot sur les vrais responsables. La délinquance augmente avec la pauvreté, et la pauvreté n’est pas une fatalité : c’est le résultat d’une politique. Lorsque l’on permet à une minorité de s’emparer des biens communs, lorsque l’on permet à certains d’avoir des salaires plus de 100 fois supérieurs au reste de la population : on ne combat pas l’insécurité, on la crée. Mais pour détourner l’attention, on nous parle immigration, insécurité ou …. Identité nationale.
conscience citoyenne responsable
http://2ccr.unblog.fr/
jeudi 9 décembre 2010
Londre : la voiture du prince Charles attaquée
La voiture qui transportait le prince Charles et son épouse Camilla a été attaquée ce soir à Londres par des manifestants qui protestaient contre l’augmentation des droits universitaires.
"Nous pouvons confirmer que la voiture des altesses royales" a été prise à partie par des manifestants, alors que le prince Charles, premier dans l’ordre de succession au trône d’Angleterre, et son épouse se rendaient au théâtre, a déclaré une porte-parole du couple. "Les deux altesses royales n’ont pas été blessées, a-t-elle ajouté. La police a confirmé l’incident.
De violents accrochages ont opposé policiers et étudiants jeudi à Londres, où était organisée une quatrième manifestation contre un projet de loi sur l'augmentation des droits d'entrée à l'université soumis au même moment au vote des députés britanniques.
Trois policiers ont été blessés, dont au moins un grièvement après avoir été frappé, a rapporté la police. Plusieurs étudiants sont aussi sortis des affrontements le visage ensanglanté. "Plusieurs personnes" ont par ailleurs été interpellés, a ajouté une responsable de la police, Julia Pendry, sans précision de nombre. A l'occasion des trois précédentes manifestations estudiantines, plus de 200 personnes avaient été interpellées dans la capitale britannique.
Lors de la manifestation de jeudi, qui a rassemblé des milliers de personnes, des étudiants ont tenté à plusieurs reprises de repousser un cordon de police à proximité du Parlement, où était débattu le projet de loi controversé. Des policiers ont répondu en frappant plusieurs manifestants à coups de matraque. Des étudiants ont aussi tenté en vain de s'emparer de barrières placées autour de la Chambre des Communes. De nombreux projectiles, dont des pierres et des bâtons, ont été envoyés sur des policiers.
La voiture qui transportait le prince Charles et son épouse Camilla a même été attaquée par des manifestants. «Les deux altesses royales n'ont pas été blessées», a déclaré une porte-parole du couple.
Les policiers, qui étaient déployés en force, avaient mis en garde contre une répétition des violences survenues en marge de précédentes protestations. Mi-novembre, la première manifestation estudiantine avait dégénéré, un groupe saccageant l'immeuble abritant le quartier général du parti conservateur au pouvoir.
"Augmenter les droits d'entrée à l'université ne fait que créer de graves divisions sociales", a estimé jeudi un manifestant, Andrea Baptiste.
Des étudiants ont peint des slogans "policiers enc...." et "éducation pour les masses" sur la statue de l'ancien premier ministre conservateur et chef de guerre Winston Churchill, située en face de la Chambre des Communes.
Les manifestants, essentiellement des étudiants, ont été rejoints par des membres d'autres syndicats et des militants de diverses organisations qui entendent élargir la contestation à l'austérité décrétée par le gouvernement. "Il est temps que l'ensemble du mouvement syndical joigne ses forces", a déclaré Bob Crow, secrétaire général du syndicat des transports RMT.
Fronde politique
Au mécontentement populaire, s'ajoutait la fronde politique: la Chambre des Communes, chambre basse du Parlement britannique, a voté jeudi en fin après-midi le projet de loi sur les frais d'inscription à l'université après des débats mouvementés. Les députés britanniques ont décidé de porter d'ici 2012 le plafond des droits universitaires de 3.290 livres (3.915 euros ou 5.180 dollars) par an à 6.000 livres, et dans des "circonstances exceptionnelles" à 9.000 livres.
Le projet de loi -qui doit encore passer devant la chambre des Lords, ce qui devrait être une simple formalité- a été adopté avec 323 voix pour et 302 contre. La majorité du gouvernement de coalition, qui est d'habitude d'au moins 83 députés, a donc été réduite à 21.
Ce projet a provoqué une scission au sein des libéraux-démocrates, partenaires des conservateurs au gouvernement. Ils s'étaient engagés pendant la campagne pour les législatives en mai à ne pas augmenter les frais d'inscription à l'université.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/12/09/97001-20101209FILWWW00713-la-voiture-du-prince-charles-attaquee.php
mardi 7 décembre 2010
Les ordures en CEVENNES
Il est coutumier d’entendre " l’argent appelle l’argent ".Le bassin Alésien qui n’a que faire des coutumes à la sauce capitaliste,a fait ce choix ,ô combien symbolique,de considérer que " les ordures vont aux ordures ".
C’est donc en toute logique que des camions bennes ont déversé leur contenu devant la permanence du député-maire UMP d’Alès et la sous-préfecture du Gard.
Certes,les raviolis échappés d’un sac n’étaient pas comestibles,et les restes d’un ragoût indéfinissable avait une drôle d’allure,mais,toutes proportions gardées,moins polluants que en 2003,la condamnation de ce représentant de la Sakozie,qui puisait dans la caisse des HLM,et qui a du rembourser 24000 euros et payer une amende de 5000 euros.
Le député-maire UMP d’Alès,qui aujourd’hui voudrait laver plus blanc que blanc,et le sous-préfet ont déposé plainte,et le 2 décembre notre Cde Yannick LOUCHE,maire communiste de Cendras était convoqué au commissariat d’Alès,pour lui faire dire quel était le nom du chauffeur qui a déversé les ordures devant la sous-préfecture.
Rassemblés devant le commissariat avec badges et drapeaux de la CGT et du PCF,notre attente a été de courte durée du fait que Yannik,en résumé, a "avoué" aux force du désordre,qu’il était le maire et que,à ce titre,il faisait et disait ce qu’il voulait,et donc.....n’avait rien à dire !
Mais le côté intéressant de ces convocations qui fleurissent depuis un mois,c’est les conversations avec les flics.
- Vos heures supps. toujours pas payées ?
- toujours pas.
- Et les salaires ?
- (un jeune) mon salaire,c’est 1200 euros par mois pour un contrat de 5 ans.
- et après ?
- je sais pas.Peut-être le pôle emploi.
- Et votre boulot c’est quoi en général ?
- tout et n’importe quoi !
La prochaine fois,qui ne saurait tarder,je prendrai des bulletins d’adhésion.
LE REBOURSIER
Salauds De Pauvres
par Sébastien Fontenelle
« La France » est « menacée », crie ce matin Le Journal du dimanche d’Arnostradamus Lagardère.
Quand on lit ça d’un peu loin, forcément, on flippe : sont-ce encore des al-qaidâtres, qui la menacent ?
Nenni, découvre-t-on quand on s’approche : c’est la « crise financière ».
Olivier Jay, le big boss du JDD (que nous appellerons OJ pour gagner du temps), nous explique, dans l’un de ces éditoriaux qui font le dimanche après la messe la joie des adhérent(e)s de la CGPME, d’où vient cette « crise grave » : l’Europe, narre-t-il, « voit arriver brutalement les factures de ses fuites en avant », qu’elle finançait « à crédit, par des taux d’intérêts faibles grâce à l’euro gagé par l’Allemagne » - et au début tout se passait bien, mais tout d’un coup, sans prévenir, « la crise financière a fait exploser l’addition » [1].
Dès l’abord, donc : le gars induit que ce ne sont pas tant les banques (et plus généralement le capitalisme financier), qui sont responsables de la crise financière, que « l’Europe ».
C’est gentil pour les banques - et plus généralement pour le capitalisme financier, dont OJ n’est probablement pas le pire ennemi : la suite confirme ses excellentes dispositions.
Les « fuites en avant » que paie l’Europe sont trois - comme les petits cochons -, d’après OJ.
D’abord, il y a : « L’immobilier espagnol ».
(Dont la presse, jusqu’à récemment, nous vantait les vertus miraculeuses.)
Puis : « Le dumping fiscal irlandais ».
(Dont la presse, rappelle-toi, nous montrait hier encore qu’il méritait qu’on émigrât vers Dublin, ville de toutes les opportunités.)
Puis enfin - et surtout : « Le modèle social français ».
(Dont la presse, retrouvant du sens critique, se défie de longue date.)
Pour le dire autrement, la crise n’est pas seulement le résultat de l’âpreté au gain des banques (et plus généralement du capitalisme financier), comme t’as pu le supputer quand t’as découvert que la crise était le résultat de l’âpreté au gain des banques (et plus généralement du capitalisme financier) : elle est aussi, nous dit OJ, la rançon de la pénible habitude que les Françai(se)s ont de se vautrer dans la sécurité sociale.
Mâme Dupont, qui bénéficie déjà d’une pension à taux plein de 625 euros par mois après seulement 75 années de cotisation, exige aussi d’être soignée, quand elle a une toux un peu grasse - et, bon, très bien, elle veut le beurre et l’argent du beurre, l’âpre gueuse, mais faut pas non plus qu’elle vienne ensuite pleurer qu’on lui augmente la franchise médicale, hein, parce que ses bronchites à la con, là, c’est quand même de là que vient qu’on a fui vers l’avant (à grands coups de taux d’intérêt faibles grâce à l’euro gagé par l’Allemagne) oui, ou merde ?
Par l’inscription - (plus ou moins) subreptice - du « modèle social français » au registre des causes de la crise financière (grave) qui menace notre cher und vieux pays, OJ s’acquitte, on l’aura deviné, d’une double tâche - où se reconnaît l’empressé zèle des tambourineurs de presse du capitalisme financier.
D’une : il détourne l’attention du bon peuple des gras(se)s possédant(e)s qui l’ont précipité dans cette crise - en lui faisant croire qu’il n’est pas moins responsable qu’eux de ses difficultés, puisqu’il a obligé la mère patrie a s’endetter pour le soigner.
(On t’a piqué ton porte-monnaie ?
C’est de ta faute : t’avais qu’à être en bonne santé.)
De deux, OJ aplanit le terrain devant le régime, pour de futures réformes du « modèle social français » : « Quoiqu’il arrive, il faudra des sacrifices pour réduire les dettes, même en les étalant » - prédit-il.
(Et si les dettes sont dues à ta protection sociale autant qu’aux errements des banques, et sachant que pour les banques on trouve toujours 300 milliards d’euros à débloquer, mon Raymond : qui devra faire ces sacrifices, d’après toi ?)
En page 3 du JDD, le gouvernement confirme d’ailleurs le pronostic d’OJ : François Fillon dit que son objectif est de « ne pas laisser dériver les comptes de l’assurance. maladie », et « le ministre du Budget François Baroin estime les besoins à 30 milliards d’euros ».
(Où ira-t-on les chercher, d’après toi, Raymond ?
Dans les poches de la Bettencourt - ou dans ton bas de laine ?)
Nous voilà prévenu(e)s, par le gouvernement et le JDD : pendant le sauvetage des banques, nous serons prié(e)s de nous sacrifier - et ce ne sera que justice, parce que bon, qu’avions-nous besoin de faire soigner toutes ces caries ?
Notes
[1] Cette explication donne l’impression d’être fondée sur une étroite connaissance des complexes ressorts de l’économie, genre, attends, Gontran, c’est pourtant simple, c’est avant tout une histoire de taux d’intérêt faibles et d’euro gagé par l’Allemagne - mais si tu regardes bien, tu t’aperçois qu’elle se résume en réalité à l’affirmation que c’est parce qu’il y a une crise financière qu’il y a une crise financière.
http://www.politis.fr/Salauds-De-Pauvres,12286.html
« La France » est « menacée », crie ce matin Le Journal du dimanche d’Arnostradamus Lagardère.
Quand on lit ça d’un peu loin, forcément, on flippe : sont-ce encore des al-qaidâtres, qui la menacent ?
Nenni, découvre-t-on quand on s’approche : c’est la « crise financière ».
Olivier Jay, le big boss du JDD (que nous appellerons OJ pour gagner du temps), nous explique, dans l’un de ces éditoriaux qui font le dimanche après la messe la joie des adhérent(e)s de la CGPME, d’où vient cette « crise grave » : l’Europe, narre-t-il, « voit arriver brutalement les factures de ses fuites en avant », qu’elle finançait « à crédit, par des taux d’intérêts faibles grâce à l’euro gagé par l’Allemagne » - et au début tout se passait bien, mais tout d’un coup, sans prévenir, « la crise financière a fait exploser l’addition » [1].
Dès l’abord, donc : le gars induit que ce ne sont pas tant les banques (et plus généralement le capitalisme financier), qui sont responsables de la crise financière, que « l’Europe ».
C’est gentil pour les banques - et plus généralement pour le capitalisme financier, dont OJ n’est probablement pas le pire ennemi : la suite confirme ses excellentes dispositions.
Les « fuites en avant » que paie l’Europe sont trois - comme les petits cochons -, d’après OJ.
D’abord, il y a : « L’immobilier espagnol ».
(Dont la presse, jusqu’à récemment, nous vantait les vertus miraculeuses.)
Puis : « Le dumping fiscal irlandais ».
(Dont la presse, rappelle-toi, nous montrait hier encore qu’il méritait qu’on émigrât vers Dublin, ville de toutes les opportunités.)
Puis enfin - et surtout : « Le modèle social français ».
(Dont la presse, retrouvant du sens critique, se défie de longue date.)
Pour le dire autrement, la crise n’est pas seulement le résultat de l’âpreté au gain des banques (et plus généralement du capitalisme financier), comme t’as pu le supputer quand t’as découvert que la crise était le résultat de l’âpreté au gain des banques (et plus généralement du capitalisme financier) : elle est aussi, nous dit OJ, la rançon de la pénible habitude que les Françai(se)s ont de se vautrer dans la sécurité sociale.
Mâme Dupont, qui bénéficie déjà d’une pension à taux plein de 625 euros par mois après seulement 75 années de cotisation, exige aussi d’être soignée, quand elle a une toux un peu grasse - et, bon, très bien, elle veut le beurre et l’argent du beurre, l’âpre gueuse, mais faut pas non plus qu’elle vienne ensuite pleurer qu’on lui augmente la franchise médicale, hein, parce que ses bronchites à la con, là, c’est quand même de là que vient qu’on a fui vers l’avant (à grands coups de taux d’intérêt faibles grâce à l’euro gagé par l’Allemagne) oui, ou merde ?
Par l’inscription - (plus ou moins) subreptice - du « modèle social français » au registre des causes de la crise financière (grave) qui menace notre cher und vieux pays, OJ s’acquitte, on l’aura deviné, d’une double tâche - où se reconnaît l’empressé zèle des tambourineurs de presse du capitalisme financier.
D’une : il détourne l’attention du bon peuple des gras(se)s possédant(e)s qui l’ont précipité dans cette crise - en lui faisant croire qu’il n’est pas moins responsable qu’eux de ses difficultés, puisqu’il a obligé la mère patrie a s’endetter pour le soigner.
(On t’a piqué ton porte-monnaie ?
C’est de ta faute : t’avais qu’à être en bonne santé.)
De deux, OJ aplanit le terrain devant le régime, pour de futures réformes du « modèle social français » : « Quoiqu’il arrive, il faudra des sacrifices pour réduire les dettes, même en les étalant » - prédit-il.
(Et si les dettes sont dues à ta protection sociale autant qu’aux errements des banques, et sachant que pour les banques on trouve toujours 300 milliards d’euros à débloquer, mon Raymond : qui devra faire ces sacrifices, d’après toi ?)
En page 3 du JDD, le gouvernement confirme d’ailleurs le pronostic d’OJ : François Fillon dit que son objectif est de « ne pas laisser dériver les comptes de l’assurance. maladie », et « le ministre du Budget François Baroin estime les besoins à 30 milliards d’euros ».
(Où ira-t-on les chercher, d’après toi, Raymond ?
Dans les poches de la Bettencourt - ou dans ton bas de laine ?)
Nous voilà prévenu(e)s, par le gouvernement et le JDD : pendant le sauvetage des banques, nous serons prié(e)s de nous sacrifier - et ce ne sera que justice, parce que bon, qu’avions-nous besoin de faire soigner toutes ces caries ?
Notes
[1] Cette explication donne l’impression d’être fondée sur une étroite connaissance des complexes ressorts de l’économie, genre, attends, Gontran, c’est pourtant simple, c’est avant tout une histoire de taux d’intérêt faibles et d’euro gagé par l’Allemagne - mais si tu regardes bien, tu t’aperçois qu’elle se résume en réalité à l’affirmation que c’est parce qu’il y a une crise financière qu’il y a une crise financière.
http://www.politis.fr/Salauds-De-Pauvres,12286.html
Résister, c’est créer… Créer, c’est résister
Il fallait absolument que je vous fasse partager cet article de Raoul Marc Jennar…
En le lisant, j’ai beaucoup appris, et j’ai aussi compris que notre situation actuelle ne venait pas de rien. Bonne lecture.
Gavroche sur http://cafemusique.wordpress.com/2010/12/01/resister-cest-creer-creer-cest-resister/#more-1800
En le lisant, j’ai beaucoup appris, et j’ai aussi compris que notre situation actuelle ne venait pas de rien. Bonne lecture.
Gavroche sur http://cafemusique.wordpress.com/2010/12/01/resister-cest-creer-creer-cest-resister/#more-1800
lundi 6 décembre 2010
Marchés de dupes
Ils sont parfois tendus, parfois confiants. Dans tous les cas ils sont sensibles. Nerveux, ils réagissent à tout. Ils sont à fleur de peau. A l’affût de la moindre privatisation, les yeux rivés sur quelque vote de budget, ils attendent l’austérité et la réduction des déficits le cœur battant. Mieux, ils les désirent.
Ils sont libres. Ils sont non faussés. Omniscients et omnipotents, ils nous regardent, nous soupèsent, nous évaluent.
Ils jugent. Ils notent. Ils donnent le la, la mesure à suivre, et les grands prêtres les psalmodient durant les célébrations quotidiennes. Comme la messe en latin, on n’y comprend rien, mais nous sommes priés d’y croire. Alors…
A entendre ce que leurs soldats scandent, on finirait par croire qu’ils sont l’Unique, l’Ame du monde, le Principe Vital. Cernés par les fanatiques, enfumés par leur jésuitisme, nous finirions par donner corps à ce Grand Mystère : les Marchés.
Les Marchés ont dit ceci, ont exigé cela, les Marchés pensent, les Marchés prévoient, les Marchés reculent ou rebondissent, mais les Marchés ne se montrent jamais. Et la foi ne se démontre pas.
D’une main invisible, le Marché (car il est Un et Plusieurs à la fois), régule ses excès en les démultipliant, et change la Dette en Profit, puis le Profit en Dette, et ceci aussi souvent qu’Il lui plaît.
Les Portugais ont péché. Les Irlandais ont péché. Les Grecs ont péché. Nous sommes tous des pécheurs au regard du Marché. Ce mercredi, nous ferons pénitence, nous essaierons de racheter nos fautes, nous qui avons pu croire, un instant égarés, que cette supercherie des marchés tout-puissants et insondables masquaient des intérêts de classe, et les privilèges d’une poignée d’exploiteurs tout à fait et pleinement physiques.
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article111405
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