Ce collectif autunois a été crée le 22 Octobre 2010 par des autunois qui sont des syndicalistes, des personnes oeuvrant socialement ou de simples citoyens.Le but de ce collectif est de ne plus laisser une poignée de nos dirigeants supprimer nos acquis sociaux.C'est aussi refuser de supprimer à court terme notre système de retraite par répartition et de le livrer à la capitalisation.
Bref, vous l'aurez compris, c'est un collectif de résistance au système capitaliste.
samedi 4 décembre 2010
Wikileaks : Eric Besson et la position du liberticide couché
Eric Besson est un cas. Enfin débarassé, lors du remaniement, du fardeau ministériel de l'Identité nationale et de ce que cela impliquait question vies brisées (cf sans-papiers, Roms, etc) le ministre avait hérité d'un portefeuille pépère, censé l'éloigné de ses pulsions liberticides.
Las... Cela n'aura duré que quinze jours. Hier, le ministre ministre auprès de la ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, chargé de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique a annoncé qu'il avait décidé de bouter le site Wikileaks hors de France. Il a demandé au Conseil général de l'Industrie, de l'Énergie et des Technologies (CGIET) de mettre fin à l'hébergement du site WikiLeaks en France, pour cause de violation du secret diplomatique et d'activités criminelles : "On ne peut héberger des sites Internet qualifiés de criminels et rejetés par d'autres Etats en raison d'atteintes qu'ils portent à leurs droits fondamentaux, écrit Eric Besson. Je vous demande de bien vouloir m'indiquer dans les meilleurs délais possibles quelles actions peuvent êtres entreprises afin que ce site Internet ne soit plus hébergé en France et que tous les opérateurs ayant participé à son hébergement puissent être dans un premier temps sensibilisés aux conséquences de leurs actes, et dans un deuxième temps placés devant leurs responsabilités."
Petit rappel. Jusqu'à jeudi soir, WikiLeaks était hébergé par la société EveryDSN.net basée à Las Vegas. La société a fermé le site à la suite de la multiplication d'attaques informatiques qui mettaient en péril son fonctionnement. Depuis, WikiLeaks se trouve chez OVH, un hébergeur français, qui refuse d'obtempérer à l'injonction bessonienne. Le directeur général d'OVH, Octave Klaba a déclaré : « Ce n'est pas au monde politique ni à OVH de demander ou de décider la fermeture ou pas d'un site mais à la justice. C'est comme ça que ça doit marcher dans un pays de droit. »
Que dire ? Déjà rappeler que l'initiative d'Eric Besson est contraire à toutes les normes érigées par le droit français en matière de liberté d'opinion et d'expression, Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, Constitution de 1958, loi sur la liberté de la presse de 1881... Juridiquement, le ministre a tort.
Le revoilà dans une posture qu'il affectionnait déjà du temps de son passage à l'Identité nationale. Combien de fois s'est-il fait prendre en flagrant délit de violation de l'Etat de droit dans le seul but de satisfaire le narcissisme présidentiel (comme ici, avec Wikileaks) et le sien (Eric Besson, comme Le Pen, adore jouer le rôle du méchant) ?
Dans un second temps, on s'interroge. Comment est-il possible qu'Eric Besson, où qu'il soit, quoi qu'il fasse, se retrouve-t-il toujours en situation d'attenter au Droit et libertés publiques ? Pourquoi, où qu'il soit, quoi qu'il fasse, Eric Besson se retrouve-t-il toujours en position de liberticide ? Pourquoi, où qu'il soit, quoi qu'il fasse, Eric Besson se retrouve-t-il à s'afficher comme détestable et méprisable et à s'en montrer heureux ?
Comment devient-on Eric Besson ?
PS : voilà une question passionnante pour l'émission de France 2 "Un Jour, un destin".
http://www.lepost.fr/article/2010/12/04/2328393_wikileaks-eric-besson-et-la-position-du-liberticide-couche.html
Eric Besson au Numérique : pour l'accueillir, les internautes "pourrissent" son Facebook
Ce message publié hier soir sur Twitter, juste après l'annonce du remaniement, reflète l'état d'esprit d'une majorité d'internautes. L'ex-ministre de l'Identité nationale, qui récupère le portefeuille de l'Industrie et de l'Economie numérique, s'est vu offrir un accueil gratiné.
1. La page Facebook d'Eric Besson "pourrie"
Alors que nombre d'internautes ont exprimé leur colère sur les blogs et réseaux sociaux, la page Facebook d'Eric Besson était miraculeusement épargnée...
Lorsque nous l'avons consultée vers 10 h 30, il n'y avait pas un seul commentaire désobligeant. Ça n'aura pas duré longtemps. Les internautes se sont depuis passé le message, par la voix notamment du collectif bien connu Humour de Droite (des internautes plutôt à gauche singeant la droite), invitant sa communauté à "pourrir" la page Facebook du ministre.
Depuis, les noms d'oiseaux fleurissent... avec parfois des commentaires assez déplacés.
La personne en charge de modérer la page Facebook du ministre a du pain sur la planche...
2. Besson "passe des roms aux CD Roms"
Comme d'habitude sur Twitter, où les blagues font office de sport national, les réactions sont allées bon train, les internautes jouant sur l'immigration, qui colle à la peau du ministre.
Peu de temps après l'annonce du remaniement, un mystérieux compte intitulé @BessonEric a été créé, avant de rapidement disparaître. Seulement Google a de la mémoire...
Ce saut de puce n'est en tous cas pas passé inaperçu.
"Visiblement @BessonEric a été expulsé moins d'une heure après son entrée sur Twitter", lâche Nain_portekoi.
Très inspiré, Nain_portekoi enchaîne : "Eric Besson a déjà annoncé qu'il prévoyait d'expulser 30 000 Cd-roms rien que pour l'année 2011".
Si vous aimez les jeux de mots sur Roms / CD Roms, vous allez être servi :
3. Eric Besson va-t-il "expulser" des internautes ?
La main de fer d'Eric Besson au ministère de l'Identité nationale a marqué les esprits. Les internautes s'en amusent, avec une pointe d'inquiétude quand même, s'interrogeant sur l'expulsion des "téléchargeurs du net" dans le cadre de la loi Hadopi (jusque-là gérée par les ministères de la Culture et de l'Intérieur)...
... ou celle des "sites hébergés par des serveurs étrangers".
Certains s'inquiètent des objectifs du ministre, en vue de préparer 2012.
Pour le blogueur Bob, il n'y a aucune surprise à attendre : "Éric Besson, va sans aucun doute se conformer aux directives du Président qui ne porte pas Internet dans son coeur. Cela ne va pas changer grand-chose aux problématiques actuelles".
Soyons heureux car on aurait pu avoir pire, estime de son côté un autre Bob, sur le blog Espace Rezo : "On a eu chaud car à l'Économie numérique, on aurait pu récupérer Frédéric Lefebvre".
Et vous, que pensez-vous du retour d'Eric Besson au numérique ?
L’auteur
Aude Baron
Journaliste à la rédaction du Post
vendredi 3 décembre 2010
Intervention du Sénateur Jack Ralite /Budget de la Culture 2011
Sénat - 2 Décembre 2011 - Budget de la Culture
Jack Ralite, Sénateur de la Seine-Saint-Denis
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Mes chers collègues
La culture a une petite présence dans le débat budgétaire du Sénat. 1 h 25 pour l’imaginaire, la pensée, la création est une impolitesse. J’ai participé le 18 novembre à Saint-Etienne au 50e anniversaire de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture et le 21 novembre, à Aubervilliers, au 20e anniversaire de « Pour éveiller les regards », rencontre concernant l’enfance et le cinéma. Dans les deux cas, beaucoup d’inquiétudes, exemples à l’appui, sur les financements nationaux et locaux de la culture, ces derniers agressés par la Réforme des collectivités territoriales.
Vous le savez, Monsieur le ministre. D’où l’importance que vous avez attachée, le 29 septembre, à la présentation de votre budget de la culture 2011 et son augmentation de 1%. J’ai lu et relu ce budget et n’arrive pas à valider cette hausse.
D’abord, il a connu une métamorphose. La mission « Médias et industries culturelles » accueille désormais les crédits « livres et industries culturelles » précédemment affectés à la mission « Culture », qui n’a plus le même périmètre. A périmètre constant, le 1% est ramené à 0,67%.
Ensuite, le budget contient les charges de pension des personnels qui connaissent un bond important, +7,06% en un an. Au passage, votre dossier de presse ne fait plus la différence habituelle entre le budget culture avec et hors personnel. Si l’on neutralise cette augmentation, il faut retrancher 11,75 millions à vos chiffres. Les 0,67% deviennent 0,29%.
Et comment ne pas tenir compte de l’inflation, estimée à 1,6% ? On ne peut parler, quel que soit le chiffre retenu, votre 1%, ou 0,67%, voire 0,29%, de moyens en hausse pour la culture !
Il y a plus fort. Pour le Centre des monuments nationaux, page 55 du Bleu budgétaire 2011, on lit : «Le CMN bénéficiera d’une ressource supplémentaire tirée du produit de la taxe sur les jeux en ligne et plafonnée à 10 millions d’euros par an.» Mais il faut lire le Bleu budgétaire 2010, page 60, pour comprendre que ce n’est pas du plus : en 2010, la subvention d’investissement du CMN était de 24,5 millions en crédits de paiement. Dans le Bleu budgétaire 2011, page 55, il y a seulement 15 millions de crédits de paiement. Il manque 9,5 millions, annulant les 10 millions supplémentaires! Ainsi, pour ne pas y voir que du bleu, il nous a fallu deux bleus… avouez que vous nous avez un peu pris pour des bleus.
En octobre, lors d’une audition au Sénat, votre directeur de cabinet disait : « Le CMN est promis à un bel avenir »…
Il n’y a pas que lui. Ce projet de budget prévoit, RGPP exige, 93 nouvelles suppressions d’emplois pour le ministère de la Culture sur le seul budget de l’Etat. Les établissements sous tutelle de la culture constituant, à peu de choses près, l’autre moitié des emplois du ministère, il faut s’attendre, RGPP oblige, au doublement de suppressions de postes, environ 200.
En outre, s’applique à de gros opérateurs la diminution de 5% des crédits de fonctionnement voulue par le Gouvernement, charge à eux de compenser par des ressources propres ou privées. Ce n’est pas l’autorisation du ministère de limiter cette mesure à 7 établissements, comme Le Louvre et le Centre Pompidou, qui nous console.
Enfin, vous savez les difficultés financières et budgétaires de l’Archéologie préventive et de l’INRAP. Les personnels permanents et précaires les subissent. Le Gouvernement va-t-il réduire les effectifs au détriment des missions de l’Archéologie préventive ?
Le Rapport Jouyet-Lévy, amalgamant l’homme et le capital, est devenu sans le dire la feuille de route gouvernementale. Voilà le problème du carburant de la culture. Mais il serait incompréhensible d’ignorer le contenu de la politique culturelle, en tout cas l’aspect que vous mettez en avant : « La culture pour chacun. » Vous avez dit en clôture du Forum d’Avignon (5 et 6 novembre) : « La réflexion sur la culture pour chacun n’est pas une substitution d’une politique de l’offre et de la création par une politique de la demande et de la diffusion. » C’est en contradiction avec la lettre de mission de Monsieur Sarkozy du 1er août 2007 à la ministre de la Culture, recommandant de « veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public ». Qui assure cette offre épousant la demande ?
Essentiellement les industries culturelles, dominantes au Forum d’Avignon, « véritable Davos de la culture ». Les artistes sont plus nuancés. Aragon : « J’imagine mal un écrivain qui écrirait pour ne pas être lu. » Stefan Hermlin, écrivain de République démocratique allemande, racontait que dans Le Manifeste communiste, il avait toute sa vie substitué inconsciemment à l’expression « Le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous » son contraire : «Le libre développement de tous est la condition du libre développement de chacun.» Jean Vilar, en juin 1970, évoquant des murmures dans la société : « Débrouille-toi, compagnon. On t’a appris à lire, à écrire et même à calculer. Tu as désormais un métier. Pars, compagnon. Va, chemineau, chemine. A toi de jouer », concluait : « Non, il ne se débrouillera pas. » « La culture pour chacun » réclame des conditions :
1°) Un respect et la liberté des artistes.
2°) Des moyens garantis sur la durée.
3°) Une éducation artistique à l’école. Où en est-on ?
4°) Des conditions de travail ne rendant plus malade le travail comme aujourd’hui, où il mutile les travailleurs, du précaire au cadre, au point de leur interdire un partage dans le temps dit libre avec les créations artistiques.
Le 8 décembre, la fille d’Albert Camus présentera un livre, Albert Camus, solitaire et solidaire. Ces mots approchent finement « La culture pour chacun. » Mais n’oubliez pas que vous n’aurez pas d’alliés dans les industries culturelles, qui pratiquent le fatalisme technologique torsadé avec le fatalisme du marché, le tout béni par « l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le coffre-fort » qui cherchent avant tout le client.
Si les Rencontres de l’Adami à Cabourg les 25 et 26 novembre furent un régal de « disputes » pluralistes, notamment sur l’Europe et la création, pas d’uniformité, les contradictions vécues à plein, sans clivage matriçant le débat, il reste qu’une question a hanté l’auditoire : pourquoi se multiplient les accords bilatéraux pilotés par le commerce quand une partie du sujet est la culture ? Que fait le Commissaire français Michel Barnier ? Le commerce « fait rage, il touche à tout (…), ne pouvant créer, il décrète (…) ce qui sonne, ce qui brille », dirait Victor Hugo.
On vit en France un semblable envahissement du commerce, qui vous a fait réagir. Hachette Livre signe un accord partiel avec Google, dont Le Monde écrit qu’il a créé « stupeurs et tremblements », tant il y a crainte que le travail conjoint et si discret des éditeurs et du ministère (où sont les auteurs ?) s’en trouve ébréché. Et pourtant, c’est l’incontournable numérisation et son « petit grand » emprunt, si silencieux, dont il s’agit. Mais saluons la signature hier d’une convention de partenariat sur la numérisation entre le Sénat et la Bibliothèque nationale de France.
Je finirai en évoquant des manifestations artistiques sur Jean-Louis Barrault, Aragon et Elsa Triolet, Michel Guy, et Mondrian. Vous y étiez, Monsieur le ministre, moi aussi. J’y ai vibré, vous aussi, m’a-t-il semblé. Sont-elles certaines, et d’autres aussi, de pouvoir continuer leur déchiffrage vers le haut avec le budget 2011 et ses suivants, planifiés par un chiffrage vers le bas ?
D’autant que le président de la République pratique l’intimidation en culture :
_depuis 2009, il s’est transformé en directeur de la télévision publique, avec le triste résultat d’aujourd’hui, sa fragilité extrême.
_il y a quelques mois, il a endossé l’habit d’historien pour imposer un Musée de l’Histoire de France au détriment des Archives nationales, créant la contestation de la majorité des historiens.
_il y a un mois, il s’est imposé conservateur de musée pour utiliser 297 manuscrits coréens comme favorisant un traité d’affaires. J’ai envie de pousser un cri de dignité en faveur des professionnels de la culture : « Laissez-les travailler ! »
Je pense à l’un d’eux, Alain Crombecque, inoubliable disparu qui traquait l’immobile. Par son travail silencieux, il permettait à ses destinataires-interlocuteurs de se trouver parfois « une tête au-dessus d’eux-mêmes ».
jeudi 2 décembre 2010
L’héritier, l’électricien et le communisme.
Pablo Picasso dans son atelier de Vallauris (avril 1949) AFP
Alors comme ça, l’électricien qui dispose de 271 œuvres de Picasso ne peut être qu’un voleur. C’est d’ailleurs ce que dit l’héritier du peintre. Haro sur l’électricien ! Haro sur le prolo !Comment ça, Picasso aurait eu un ami pareil ? Et il lui aurait légué, comme ça, 271 tableaux ?
Il fallait voir ce soir le sourire goguenard de Denisot, ce journaliste aimé par Sarkozy, face à une telle hypothèse. Au Grand journal, il a fait une remarque du genre : "Ben dis donc, quel ami ce Picasso !" Et pourtant. Pourquoi pas ?
Nos ignorants de la Sarkozye semblent avoir oublié ce que fut le XXème siècle. Ou plutôt si, ils le savent : le XXème siècle fut celui des camps (Goulag = Auschwitz, Staline = Hitler, Lutte des classes = extermination,...) et de l’horrible passion du réel (que détestent les disciples de Furet et de Corcuff)...
Choses à oublier pour qu’enfin, tout roule à nouveau et que fleurissent non plus cent fleurs mais les profits du capital mondialisé !
Mais voilà, l’épisode qui nous occupe sonne comme un retour du refoulé. C’est que Pablo Picasso, qui avait déclaré qu’il adhérait au Parti communiste "comme on boit à la fontaine", fut un camarade, un artiste engagé dans la cause du prolétariat mondial. Pire, il ne fut pas le seul. Qu’avec le sien résonnent les noms de Brecht, Neruda, Nazim Hikmet, Césaire, Aragon, Jacques Roumain, Fernand Léger et Antoine Vitez !
C’est que nos gueux du capital contemporain ont oublié qu’au siècle dernier - et quoi qu’on puisse en penser par ailleurs -, il y eut LE Parti, celui des réprouvés, des humbles, des prolétaires et des paysans pauvres alliés aux intellectuels et aux artistes. Leur idée ? L’élitisme pour tous, selon la formule d’Antoine Vitez.
Certes, la morosité capitaliste de notre époque nous fait oublier cela.
Les visages des gens du peuple, radieux et sagaces, des films de Renoir ou de Pasolini, les ouvriers peints par Léger et aimés par Rimbaud. Mais tout cela fut, têtu.
Alors quoi ? Quel rapport avec les 271 œuvres que Picasso lui-même aurait déposées chez ce pauvre électricien ?
Après tout, que cela décoiffe ou non l’héritier du maître (A bas l’héritage, vraiment !), le communiste Picasso peut très bien avoir légué ces œuvres à un électricien dont, comme son ami trop tôt disparu Apollinaire, il admirait le travail. Ce don serait donc la matérialisation, somme toute, d’une véritable alliance communiste et d’une politique révolutionnaire en acte. Par ce don, c’est la division du travail qui se voit rejetée !
Quoi ? Impossible ? Impensable ?
Eh bien soit... Que votre époque périsse, et au plus vite, marchands, héritiers et journalistes dans l’air du temps !
Fin de citation ----------------
Tiré de :
http://sanseprendrelechou.forumactif.com/index.htm
Oui, je devine! On me dira que j’ai été chercher ça sur mon "bistro" où un communiste plein d’admiration pour Garaudy vient s’encanailler (because ya aussi là Canaille qui traine au comptoir) , que ça sent un peu sa nostalgie "stal"..
Mais , pardonnez moi :
En ces temps pourris ou l"’élite "c’est l’économisme formaté à la pensée unique, celui qui rabâche que "nous" avons vécu au dessus de "nos "moyens, que "nous" avons endetté nos enfants, pourrissant la planête de nos jouissances égoîstes,, qu’ il est temps de"payer nos crimes"... en ces temps ou le "prime time" nous chie chaque soir sur TV Béton sa "culture" , véritable dépénalisation de drogue dure des dealers du CAC 40,....moi je trouve qu’un peu de Picasso, de prolo et de communisme fut -ce en référence au PC.., ça me fait du bien, na!....
Si ça vous dérange, faut l’dire!!
AC
De : Yvan Najiels (mis en ligne par AC)
Martinique - Procès contre Ghislaine Joachim-Arnaud : les patrons veulent se venger
Le 15 décembre, Ghislaine Joachim-Arnaud, secrétaire générale de la CGT Martinique et dirigeante de l’organisation trotskyste antillaise Combat Ouvrier, est assignée devant le tribunal correctionnel de Fort-de-France pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, à l’égard d’un groupe de personnes ». En l’occurrence, il s’agit des Békés, c’est-à-dire des descendants des propriétaires d’esclaves qui, aujourd’hui encore, dominent l’économie de l’île.
À l’origine de la plainte, on trouve Jean-François Hayot, membre d’une des plus puissantes familles de Békés qui ont la mainmise sur l’économie de l’île. Il reproche à Ghislaine Joachim-Arnaud d’avoir repris, dans une émission télévisée, le slogan de milliers de manifestants de la grève générale de février 2009, disant en créole : « La Martinique est à nous, la Martinique n’est pas à eux. Une bande de Békés, profiteurs, voleurs, on les foutra dehors ».
C’est le monde à l’envers. S’il y a bien une discrimination et une violence qui s’exercent aux Antilles, c’est celles du patronat dans son ensemble à l’égard de la population pauvre. C’est l’exploitation de toute une population, maintenue dans le chômage ou payée des salaires de misère par quelques familles qui effectivement contrôlent toute l’économie, depuis le commerce, la distribution, l’import-export jusqu’aux grandes exploitations agricoles.
Des milliers de manifestants ont crié leur colère contre les Békés, et par extension, contre l’ensemble des patrons. S’ils veulent les rejeter hors de l’économie, si la secrétaire de la CGT Martinique reprend ce slogan à son compte, quoi de plus normal ?
En fait, il s’agit d’un nouveau procès colonial intenté par le lobby possédant de la Martinique, doublé d’une vengeance à l’égard de la dirigeante du principal syndicat de la Martinique et de l’organisation Combat Ouvrier. C’est aussi un procès inique visant les milliers de grévistes du mouvement de 2009.
http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2209&id=17
http://socio13.wordpress.com/2010/11/10/ghislaine-joachim-arnaud-les-bekes-veulent-un-proces-colonial-pour-faire-payer-le-mouvement-de-fevrier-et-mars-2009/
http://www.cgt-martinique.fr/
mercredi 1 décembre 2010
MERDE (53%)
Merde, y’a d’la fumée dans ma ville
Y’a une odeur de peur dans ma rue
Y’a d’l’acide dans ma bile
Y’a comme un goût d’avenir foutu
Ma fille, va falloir t’y faire
Marcher au pas et penser droit
Quand la grande famille policière
Te rappellera ce que c’est que la loi
Puisqu’on n’est plus qu’un demi-peuple
Puisqu’on s’est amputé d’un bras
Celui qu’on savait lever poing fermé
Celui-là, qu’on savait ouvrir
On perd 53% de rire
Et on en gagne autant de haine
Putain ! C’est quoi cette gangrène
Une peste pour nouveaux riches
Avec l’humanité en friche
C’est pas grave
Puisqu’on n’a plus l’choix d’être humain
On va se charger de se changer en meute de chiens
De ceux qu’ont plus rien à bouffer
Et on va se faire ta république
Détruire tout ce qui te fout la trique
Ah ! Tu croyais que t’avais peur
Et tu savais pas encore ce que c’est
Et là, tu connaîtras l’odeur
Celle que tu prétends ignorer
L’odeur de sueur des pas lavés
Des pas peignés, des pas soignés,
Des amputés de tout sauf du coeur,
De ceux qui passent leur vie à crever.
On va, au plaisir, piétiner ta foutue moralité
Nous, on n’a plus peur de mourir
Car on n’a plus rien à gagner
Juste pour un p’tit rappel qui fait mal
Avant d’aller ouvrir le bal
La grand’danse qui va t’balayer
J’me fais l’honneur d’énumérer
La liste de tes priorités :
Le Travail, l’Autorité, la Morale, le Respect
Le Mépris... euh, le Mérite,
Sans oublier le Ministère de l’Identité Nationale,
Et pourquoi pas, une garde militaire
Pour les valeurs du Maréchal
On se vautre dans un drapeau
Sa Sainteté Mère-Patrie
Et on crie : "Sus à l’ennemi !"
Dont on ne connaît même pas la peau
J’suis désolé, mes p’tits amis,
Mes p’tits homos et mes p’tits noirs
Mais on va plus pouvoir se voir
Ou je vais choper vos maladies,
Un Eugénisme Patriotique
Avec à la clef, l’uniforme.
Mêmes pensées, même couleur, même forme :
Un Sarkosisme génétique
Dans un grand bain saveur panique.
Et oui, qu’est-ce que tu vas t’imaginer ?
Nous, les intolérants, on nique la carte de ton identité
Y’a pas d’place pour la tolérance
Pour toi et tes pseudo-amis qui s’enduisent de r’connaissance
Avec porte-monnaie bien rempli
Et bien, on va avec nos chiennes de vies, avec nos différences,
Qui sont notre seule ressemblance
Dents acérées, griffes sorties
En grand désordre, cerveaux en vie
Te désorganiser l’pays !
T’inquiète, on n’est pas des sauvages
On n’a pas non plus la rage
Mais de plus en plus dans notre marge
On va pas rester dans nos cages
Et pour pas que ça fouette
On s’ébullitionne la tête
Pour qu’au moment où ça pète
Tu finisses "carpette"
Et tu te retrouves tout seul, en panique
Ecrabouillé sous ta boutique
Qu’est ta chère 5ème République
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Ben, le crieur Derudru
Texte de Sarah (slameuse rennaise)
Musique : Thom
Choeurs : Laurianne
Vidéo : Yann
Montage : Ishani
Production : Thom & Charlie
Studio : Farra Vox
Copyleft 2007
Nos vies désormais entre nos mains
Nos vies désormais entre nos mains et du courage !
Yep !
Lundi 29 novembre, dans l’après-midi, un sans abri a été retrouvé mort de froid à l’entrée d’un centre commercial à Ivry-sur-Seine, en Val de Marne.
Aux portes de ce temple de la consommation, il est venu s’échouer là, à 78 piges, seul, en une triste ironie qui nous laisse sans voix et nous donne la rage.
L’hiver 1954, l’abée Pierre avait lancé un vibrant appel dans la rugosité d’un février blanc comme neige, au grand désespoir des laissé-e-s pour compte qui n’avaient nul endroit, nul asile, nul refuge pour leur vie souvent usée.
Et nous voilà, aujourd’hui, avec une misère plus grande et toujours aucune solution concrète proposée à celles et ceux qui n’ont d’autre choix que de dormir dehors.
Enfin... Une solution, il y en a une : ouvrir les maisons vides, maisons qui n’ont d’autres vocation, en vérité, que d’être habitées !
Une loi de réquisition, jamais appliquée, fut votée en 1948. Mais l’Etat policier actuel n’a qu’un mot à la bouche : la répression ; et il prévoit, sous peu, de donner aux Préfets les pleins pouvoir pour évacuation des squats et logements de fortune sans recours juridique et sous 48h.
Vous voyez la scène ? Des flics détruisant, par exemple, les cabanes des sdf du bois de Boulogne pour qu’ils crèvent de froid !!!!!
Quand l’Etat n’est pas en mesure d’apporter à chacun les conditions d’une vie digne, il faut se détourner de lui et faire preuve d’imagination collective.
Quand les lois sont injustes, il faut désobéir.
Quand le système veut nous diviser, il faut nous serrer les coudes et faire preuve de solidarité et d’Amour. Et cela commence aujourd’hui.
En mémoire de Frédo, mort de froid à Bordeaux en décembre dernier, en mémoire de cet inconnu, mort transi aux portes de Babylone, pour St Michel, en solidarité avec la famille de Montreuil des squat des Demi-Lune, O.P.A, le D.A.L, le C.L.A.P33 & Hacktivismes vous convient à venir à un rassemblement :
Mercredi 15 décembre 2010 18h - Place St Christoly Bordeaux
O.P.A - "Amère Patrie" (Improvisation)
envoyé par OPA-videos. - Clip, interview et concert.
Lire et diffuser l’appel :
http://www.myspace.com/orchestrepoetique/blog/540993536
C’est l’heure de nos actes.
Ayons confiance en la Beauté qui nous anime ! Saluons chaque jour le soleil pour l’amplitude de sa course ! Et faisons un pas vers nous-mêmes avec l’envie commune d’en découdre, une bonne fois pour toute, avec le désespoir !
Solidairement à vos côtés,
l’Orchestre Poétique d’Avant-guerre - O.P.A - Bordeaux
Vers une privatisation de la Sécurité sociale
29 novembre 2010 par Laurent Mauduit
« La France est à la veille d'une réforme gravissime, l'une des plus lourdes depuis la Libération: à petits pas, sans le dire, Nicolas Sarkozy prépare une privatisation rampante de la Sécurité sociale. C'est à la faveur du dossier de la dépendance, présenté comme le grand chantier présidentiel de l'année 2011, que les premiers coups de boutoir seront donnés contre ce système clef de l'Etat providence que les Français perçoivent à juste titre comme leur premier et principal acquis social, le pivot essentiel de notre modèle social.
Rien n'est dit publiquement. Dans toutes ses déclarations officielles, Nicolas Sarkozy jure même de son attachement à la Sécurité sociale, qui, depuis sa fondation en 1945, repose sur le système de la répartition, c'est-à-dire sur un système collectif et solidaire, tournant le dos au système de l'assurance privée individuelle. Depuis des lustres, le lobby très puissant des assureurs privés rêve de mettre à bas ce système. Et pour la première fois, un gouvernement, celui de François Fillon, s'apprête à accéder à ses demandes. »
« Le premier à s'être exprimé sur le sujet est Nicolas Sarkozy. C'est lui, lors de son récent entretien télévisé, le 16 novembre, qui a indiqué que le dossier de la dépendance serait le grand chantier de 2011. Et en apparence, il en a parlé dans des termes qui ne justifient aucune inquiétude. Indiquant que la réforme gouvernementale serait introduite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale débattue à l'automne 2011 au Parlement et qu'elle serait précédée d'une grande consultation s'étalant sur six mois, il a en apparence été fidèle à cette tradition qu'incarne la Sécurité sociale.
Rappelant qu'en 2040, la population des plus de 60 ans aura progressé de +30% voire +50%, le président de la République a évoqué la nécessité d'aboutir à un «système juste et équitable» pour qu'une personne âgée où «qu'elle se trouve sur le territoire puisse vivre dignement chez elle ou dans une maison (...) Nous réglerons la question de la dépendance (...) et apporterons une réponse à l'angoisse des gens». Que redire à cela ?
Une protection sociale généreuse pour les riches, réduite pour les pauvres
Soulignant qu'il « y a 250.000 personnes de plus par an victimes d'Alzheimer» en France, il a ajouté que son ambition était de résoudre la «question de la place des personnes âgées dans la société », « la question de la dignité des vieux, d'une population dont la vieillesse augmente, et d'enfants qui sont totalement démunis » face à la dépendance de leurs parents âgés.
Mieux que cela! Le chef de l'Etat a aussi apporté cette précision, qui peut sembler lever les ultimes inquiétudes: cette réforme devra déboucher sur la création à l'automne prochain «d'un nouveau risque, une nouvelle branche de la Sécurité sociale», la dépendance, aux côtés des quatre branches actuelles que sont la maladie, la famille, la retraite et les accidents du travail. En clair, le propos suggérait que ce nouveau risque, qui va exploser dans les années futures, ne sera pas le prétexte à un contournement de la Sécurité sociale. « Je souhaite la création, pour la première fois depuis la Libération, d'un nouveau risque, d'une nouvelle branche de la Sécurité sociale : le Cinquième Risque », a dit Nicolas Sarkozy.
Seulement voilà! Après ces propos rassurants, le chef de l'Etat a aussi glissé, comme si de rien n'était, d'autres remarques qui n'ont guère fait de bruit. Cela a été dit habilement, sous la forme de questions. Mais cela mérite tout de même attention. « Faut-il faire un système assurantiel ? Obliger les gens à s'assurer ? Faut-il augmenter la CSG ? Faut-il avoir recours à la succession quand les enfants n'ont pas la volonté ou pas les moyens ? »
L'air de rien, au milieu d'autres pistes, Nicolas Sarkozy pose donc la question: «Faut-il faire un système assurantiel ? » En clair, faut-il sortir de la Sécurité sociale pour faire couvrir ce risque par les assureurs privés? Le chef de l'Etat n'a pas répondu à ses propres questions; il a juste suggéré que toutes les pistes étaient ouvertes.
Mais en fait, on va vite voir que ces interrogations présidentielles sont au cœur des éléments de langage, si l'on peut dire, que l'exécutif a mis au point pour préparer les esprits à une privatisation rampante de la Sécurité sociale.
Ecoutons en effet ce que dit, quelques jours plus tard, le 24 novembre, François Fillon, lorsqu'il prononce devant l'Assemblée nationale sa déclaration de politique générale : «Avec l'emploi, la sauvegarde et la modernisation de notre système de protection sociale s'imposent à nous. Nous avons commencé avec la réforme des retraites. Avec Xavier Bertrand et Roselyne Bachelot, nous allons poursuivre. Nous ne devons pas laisser dériver les comptes de l'assurance maladie par démagogie. Nous ne pouvons pas esquiver sur cette question notre responsabilité collective. Nous lancerons une concertation nationale sur la protection sociale qui associera tous les acteurs, les partenaires sociaux, les professionnels de santé, les mutuelles, les assurances, les collectivités territoriales, au premier rang d'entre elles les conseils généraux. »
Et il ajoute: «Cette concertation nationale aura évidemment pour but immédiat de traiter la question de la dépendance. Le coût est estimé à 22 milliards d'euros et il devrait atteindre les 30 milliards dans les prochaines années. Le nombre des plus de 75 ans devrait doubler au cours des prochaines décennies. Il s'agira en premier lieu de déterminer les besoins réels des personnes, d'examiner comment assurer le maintien à domicile des personnes âgées le plus longtemps possible. Il faudra ensuite sérier les pistes de financement : assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle ?»
Il faut donc là encore soupeser chaque mot. Car en posant des questions similaires à celles du chef de l'Etat – « assurance obligatoire ou facultative, collective ou individuelle ?» –, François Fillon casse un tabou: il prépare, lui aussi, les esprits à ce que la Sécurité sociale ne soit plus le bouclier naturel qui protège les Français d'un risque majeur, avec ses sources de financements habituelles (cotisations sociales ou CSG), et à ce que les assureurs privés puissent mettre la main sur cet alléchant et gigantesque marché. En clair, en avant vers un système de protection sociale à deux vitesses, avec un système de protection étendue ouvert aux plus riches qui auront les moyens de s'assurer; et un système pour les plus pauvres régi par la solidarité, mais ne couvrant plus tous les risques! Autrement dit, les vieux riches seront protégés, mais pas les vieux pauvres!
Un plaidoyer de l'UMP pour le lobby de l'assurance privée
Dans ce plan de communication, c'est enfin la ministre des solidarités, Roselyne Bachelot qui, dans un entretien au Figaro, le 26 novembre, a sonné la dernière charge en date contre la Sécurité sociale: «Des mesures législatives doivent être votées à l'automne 2011 dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012. Mais nous ne partons pas de rien! Plusieurs rapports, dont le dernier, celui de Valérie Rosso-Debord, posent les enjeux et les solutions qui peuvent être envisagées. Par ailleurs, la dépendance représente déjà 22 milliards d'euros, dont 5 milliards financés par les départements et 17 milliards par l'État essentiellement via la Sécurité sociale. Le débat devra aussi affiner les besoins futurs, qui sont évalués actuellement à 30 milliards d'euros.»
Question du Figaro: «Que pensez-vous de l'éventuelle mise en place d'une assurance privée? » Réponse de la ministre: «Je ne veux pas encore me prononcer. Le débat à venir sera aussi un débat de prise de conscience pour nos concitoyens. Les Français devront s'exprimer sur ce qu'ils jugent être la meilleure solution. Quelle pourrait être la part de l'assurance par rapport à la solidarité? Comment s'organiserait leur articulation? » Là encore, donc, même message subliminal, celui de la transgression: il ne faut rien exclure, et surtout pas le recours à l'assurance privée...
Le message n'est d'ailleurs pas même subliminal ; il est explicite. Car Roselyne Bachelot souligne qu'un rapport pose «les enjeux et les solutions qui peuvent être envisagées», celui de la députée UMP Valérie Rosso-Debord. Or, ce rapport, qui a été présenté à l'Assemblée nationale en juin dernier dans le cadre d'une mission de réflexion sur la dépendance, permet de décoder les projets du chef de l'Etat et du gouvernement, car tout y est dit, avec beaucoup moins de précautions de langage.
L'intérêt de ce rapport, c'est d'abord qu'il présente les enjeux de ce nouveau risque qui apparaît, celui de la dépendance, compte tenu des évolutions démographiques, de l'allongement continu de l'espérance de vie et donc du vieillissement de la population, ainsi que de l'extension de certaines maladies, comme celle d'Alzheimer.
Un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2050, contre près d'un sur cinq aujourd'hui, et plus de 15% de la population sera âgée de plus de 75 ans. «Le nombre des personnes âgées de soixante ans ou plus devrait s'accroître de près de 50 % par rapport à aujourd'hui, la hausse la plus forte se produisant dans les années 2030. En conséquence, près d'un habitant sur trois aurait alors plus de soixante ans contre près d'un sur cinq en 2010 et d'un sur quatre à compter de 2020», dit le rapport.
Si l'on retient aujourd'hui les critères d'attribution de l'Aide personnalisée d'autonomie, qui a été créée en 2000 par Lionel Jospin, et qui est actuellement l'un des dispositifs publics d'aide aux personnes âgées dépendantes, le nombre des bénéficiaires pourrait passer de quelque 700.000 en 2002 à 1,6 million en 2040. En clair, le nombre de personnes âgées dépendantes devrait connaître une augmentation moyenne de 1% par an jusqu'en 2040. D'où, toutes dépenses comprises, cette évaluation du coût à terme de la dépendance, avancée par Roselyne Bachelot: 30 milliards d'euros!
Mais au-delà de ce constat, le rapport de la députée UMP retient surtout l'attention pour les pistes sulfureuses qu'il avance. D'abord, le rapport fait valoir (page 64) que «nous ne sommes plus du tout dans le contexte de la création de notre système de protection sociale». Et à l'appui de cette assertion, le rapport appelle à la rescousse non pas Denis Kessler, mais feu le président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, qui avait un jour plaidé dans le même sens, au motif que «d'un côté, nous devons faire face à une explosion des dépenses; de l'autre, la mondialisation fait du poids des charges sociales une hypothèque pour la compétitivité de notre pays».
Le rapport fait donc un plaidoyer enflammé en faveur du recours (nous y voilà!)... à l'assurance privée. C'est comme un feu roulant, qui se poursuit page après page. «De fait, le nombre de Français ayant souscrit une assurance dépendance augmente chaque année et représente aujourd'hui près de cinq millions de personnes ayant adhéré par l'intermédiaire d'une mutuelle ou d'une institution de prévoyance (trois millions de personnes) ou de sociétés d'assurances (deux millions), situant notre pays à la deuxième place des pays industrialisés», lit-on ainsi (page 86).
Cette remarque se poursuit par une note en bas de page qui ajoute: «La Fédération française des sociétés d'assurance comptait 2.007.600 assurés versant 387,6 millions d'euros de cotisations (au titre d'un contrat pour lequel la dépendance est la garantie principale) et versait 112,4 millions d'euros de rente en 2008. En 2009, 2.024.200 assurés versaient 403,1 millions d'euros de cotisations tandis que 127,7 millions d'euros de rente étaient servis.»
Le travail en tandem des frères Sarkozy
Et tout cela débouche (page 87), sur ce qui est le cœur du rapport, et qui pourrait avoir pour titre: A bas la Sécu! Vive le lobby de l'assurance privée!..
On lit en effet ceci: «Les sociétés d'assurance, ayant désormais une vingtaine d'années d'expérience de la gestion du risque dépendance, estiment avoir suffisamment défini le risque statistique – deviendront dépendants 15 % d'une génération atteignant l'âge de 65 ans et 60% d'une génération atteignant 90 ans – pour proposer des contrats assurant des rentes mensuelles moyennes de 1.000 euros par mois pour des cotisations mensuelles s'élevant à 30 euros pour une personne de soixante ans et à 21 euros pour une personne de quarante ans. La mission propose de rendre obligatoire dès cinquante ans la souscription d'une assurance des personnes contre la perte d'autonomie auprès de l'établissement labellisé de leur choix : mutuelle, société de prévoyance ou société d'assurance.»
Au moins, les choses sont dites sans détour. Ce qui laisse à penser qu'en fait, comme dans le cas de la réforme des retraites, les choix sont déjà faits, avant même qu'une pseudo concertation ne commence. Et le rapport ajoute (page 88): «Les mutuelles, sociétés de prévoyance et sociétés d'assurance devraient assurer progressivement la prise en charge de toutes les personnes atteintes par une perte d'autonomie quelle qu'ait été la durée de leur assurance, dans la limite du socle minimal garanti pour le degré de dépendance qui est le leur. À cette fin, la mission propose que ces institutions constituent et gèrent un fonds alimenté par un pourcentage prélevé sur chaque cotisation, dont elles définiront le montant en commun.»
En résumé, le rapport fait donc deux propositions principales: «Rendre obligatoire dès l'âge de cinquante ans, la souscription d'une assurance perte d'autonomie liée à l'âge et assurer son universalité progressive par la mutualisation des cotisations et la création d'un fonds de garantie. Maintenir à titre transitoire une prise en charge publique.»
C'est donc bel et bien une privatisation rampante de la Sécurité sociale qui se prépare. Et cette privatisation, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ne concerne pas que ce nouveau risque de la dépendance. Comme un virus, ce transfert vers l'assurance privée risque de se propager dans tout le système: c'est bien ce qu'ont compris les assureurs privés, qui se préparent à un véritable «big bang» de la Sécurité sociale. Et comment ce virus de la privatisation pourrait-il se propager de ce cinquième risque aux quatre précédents? Impossible, pensera-t-on ; l'Elysée peut certes faire le jeu des assureurs pour la dépendance, mais nul ne va pas prendre le risque de dynamiter toute la Sécurité sociale.
Eh bien si! Tout le danger est là : la dépendance risque d'être le cheval de Troie des assureurs pour entrer dans le système de la couverture sociale, jusque-là dévolue à la Sécurité sociale.
Les frères Sarkozy
Pour comprendre le tour de passe-passe, il suffit de décortiquer le projet de joint-venture conclu par la Caisse nationale de prévoyance (CNP, une société contrôlée indirectement par l'Etat) et le groupe financier Malakoff Médéric, qui est spécialisé dans la retraite complémentaire et dont le patron est un certain... Guillaume Sarkozy, le frère du chef de l'Etat (voir nos enquêtes Réforme des retraites: la ronde des frères Sarkozy, Retraite: la joint-venture des frères Sarkozy contre les régimes par répartition), que la Banque de France vient de bloquer provisoirement (voir notre article Retraite: la Banque de France bloque la joint-venture des frères Sarkozy).
Si ce projet est dangereux, c'est en effet qu'il repose sur l'hypothèse que les régimes de retraite par répartition, ceux de la Sécurité sociale, serviront au fil des ans aux retraités des pensions de plus en plus faibles et que cela offrira aux assureurs privés un marché très rentable. C'est dit très nettement dans le document conclu entre les associés pour créer cette joint-venture, révélé par Mediapart, que l'on peut consulter (sur le site Médiapart).
La fin des «jours heureux»
Dans ce document, il est en effet bien expliqué que le taux de remplacement (le montant de la pension de retraite en pourcentage de ce qu'était le salaire) va de plus en plus décliner: «A l'horizon 2020, selon le rapport du Comité d'orientation des retraites (COR), une baisse du taux de remplacement de l'ordre de 8% est attendue pour une carrière complète. Cette baisse est toutefois variable selon le niveau du salaire et le profil de carrière et dépend fortement des hypothèses prises dans les travaux du COR.» Et les conjurés s'en frottent par avance les mains: «Un complément d'épargne annuel de 40 milliards à 110 milliards d'euros en 2020 serait nécessaire pour maintenir le niveau de vie des futurs retraités.»
Mais si on lit bien ce document, il dit plus que cela... Non seulement les assureurs privés vont pouvoir mettre la main sur le risque de la retraite, mais en fait, s'ils jouent habilement, ils vont aussi pouvoir devenir des acteurs majeurs de tout le système de la protection sociale, en offrant des assurances individuelles ou des systèmes de couverture d'entreprise, qui couvriront en fait tous les risques: celui de la retraite complémentaire mais aussi de la dépendance.
En quelque sorte, les assureurs et les groupes privés de retraite complémentaire ont bien compris, Guillaume Sarkozy le premier, qu'ils vont pouvoir offrir du même coup, dans le cadre de contrats individuels ou de contrats d'entreprise, des “packages” d'assurance privée englobant la dépendance aussi bien que la retraite complémentaire. C'est très bien détaillé dans ce projet CNP-Médéric notamment aux pages 9, 13, 21 et 25.
Les déremboursements de médicaments que le gouvernement accélère depuis 2007 permettent dans le même temps aux mêmes assureurs d'englober dans leurs “packages” des offres portant aussi sur le risque maladie, de moins en moins bien couvert par la Sécurité sociale.
L'hypocrisie de Nicolas Sarkozy est donc totale, puisque un groupe à capitaux publics, la CNP, a conclu avec la bénédiction de l'Elysée un accord avec... son frère, Guillaume Sarkozy, afin de préempter dès à présent le marché alléchant de la retraite et de la dépendance. En quelque sorte, c'est une affaire de famille: Nicolas Sarkozy va ouvrir aux assureurs privés des risques autrefois assurés par la Sécurité sociale; et c'est son frère, avec le renfort de la CNP et donc de l'Etat, qui sera l'un des mieux placés pour ramasser la mise. On en trouve confirmation sur le site internet de Malakoff Médéric : Guillaume Sarkozy mise gros sur la dépendance. »
« Car c'est effectivement une réforme gravissime qui se dessine: le dynamitage du pivot central du modèle social français. »...
http://www.lepost.fr/article/2010/12/01/2324256_vers-une-privatisation-de-la-securite-sociale.html
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